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MESSAHEL : Le retour des réfugiés dans leur pays, une "aspiration légitime" 25/10/2009

ALGERIE-UA-REFUGIES-SOMMET

MESSAHEL : Le retour des réfugiés dans leur pays, une "aspiration légitime"

Le Ministre Délégué, Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines, M. Abdelkader MESSAHEL, a affirmé, vendredi à Kampala (Ouganda), que le retour des réfugiés dans leur pays d'origine est une "aspiration légitime".
Dans son introduction au sous-thème sur les réfugiés et les flux migratoires, lors du sommet spécial de l'Union africaine (UA) consacré aux réfugiés, aux rapatriés et aux personnes déplacées internes en Afrique, M. MESSAHEL a souligné l'importance du droit au retour, une "aspiration légitime que nourrit tout réfugié".

C'est la raison pour laquelle, "il nous faut manipuler avec beaucoup de prudence cette idée d'installation des réfugiés dans les pays d'accueil qui, dans les faits, occulte le droit de populations entières à retourner vivre dans leur pays", a-t-il ajouté.

Le ministre, qui a présidé l'atelier sur cette question, a indiqué que l'Algérie, pour avoir vécu le phénomène de la migration, du déplacement des populations et celui des réfugiés à travers son histoire, "connaît très bien cette problématique".

Le peuple algérien qui a vécu sous le joug colonial l'expérience douloureuse de l'exode, a cherché refuge dans les pays voisins ou à travers certaines régions dans son propre pays pour tenter d'échapper à la politique de répression massive pratiquée, à large échelle, par l'occupant, a rappelé M. MESSAHEL.

"Une politique de répression, qui est allée de pair avec une politique de dépossession systématique du peuple algérien de ses terres les plus riches pour le contraindre à aller survivre dans des régions pauvres et inhospitalières", a-t-il poursuivi.

Au lendemain de l'indépendance, l'Algérie qui a été l'un des principaux pourvoyeurs de main d'oeuvre aux pays industrialisés et, plus spécifiquement, à l'ancienne puissance coloniale, est devenue, aujourd'hui, un pays de destination et de transit, a-t-il fait observer.

Pour le ministre, la sécheresse, qui a sévi durant de longues années dans les pays du Sahel, a poussé des centaines de milliers de personnes à trouver refuge en Algérie, soulignant que les autorités algériennes ont oeuvré, par la suite, de concert avec leurs homologues des pays concernés, pour assurer un retour, dans la dignité, de ces populations dans leur pays d'origine.

L'Algérie, "fidèle à ses traditions de terre d'accueil et de solidarité avec les peuples en lutte pour leur liberté et leur indépendance, a accueilli et continue d'accueillir et d'apporter toute l'aide nécessaire aux réfugiés sahraouis qui ont fui leur pays, suite à son occupation en 1975", a assuré M. MESSAHEL.

L'Algérie qui a toujours assumé son devoir de solidarité envers les peuples de la région et bien au-delà, a-t-il encore relevé, "a apporté une contribution décisive à l'élaboration de la position africaine commune sur la migration et le développement".

C'est à Alger, en effet, que la position africaine a été finalisée en avril 2006, avant d'être entérinée par le sommet de l'UA qui s'est tenu à Banjul en juillet 2006.

L'Algérie a également apporté une "contribution substantielle" au déroulement
de la conférence ministérielle Afrique-Union européenne en novembre 2006 à Tripoli
(Libye).

Les participants s’étaient engagés alors à établir un partenariat entre les pays d'origine, les pays de transit et les pays de destination pour mieux gérer la migration selon une approche globale et équilibrée et dans un esprit de responsabilité partagée.

L'Algérie est, aujourd'hui, souligne-t-on, l'un des rares pays du bassin méditerranéen à avoir ratifié la plupart des instruments juridiques internationaux relatifs à l'émigration.

M. MESSAHEL a expliqué dans son introduction que "l'imbrication des causes politiques, sécuritaires, économiques, sociales et culturelles qui, ajoutées aux catastrophes naturelles, comme la sécheresse ou les inondations, donnent lieu à des déplacements massifs de populations qui rendent aléatoire la distinction entre les personnes éligibles au statut de réfugié et les émigrés clandestins".

"A un phénomène global, la solution doit être globale et concertée. Elle doit s'attaquer aux causes profondes ayant engendré ce phénomène quelque soit leur nature", a-t-il conclu.