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Intervention de M. le Secrétaire Général lors de la 18ème réunion ministérielle Afrique-Pays Nordiques 10/11/2019

 

 

 

 

Excellence M. Palamagamba KABUDI, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Est africaine, des Relations Régionales et internationales de la République Unies de Tanzanie, et cher frère,

      

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude mon frère le Ministre des Affaires étrangères de la République Unie de Tanzanie pour l’invitation qu’il a eue l’amabilité de m’adresser pour prendre part aux travaux de cette 18ème réunion ministérielle Afrique - pays nordiques.

Je remercie également les autorités tanzaniennes pour l’accueil chaleureux  qui nous a été réservé depuis notre arrivée à Dar Es-Salaam et pour toutes les dispositions prises pour assurer le bon déroulement de nos travaux.

Ma présence aujourd’hui parmi vous témoigne de la conviction de mon pays de l’importance de ce cadre de coopération et de consultation qui regroupe l’Afrique avec les pays nordiques, en vue d’échanger les points de vue, les expériences et les expertises dans différents domaines avec pour objectif de faire face collectivement aux défis et menaces qui nous interpellent. 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Je prends note avec satisfaction de l’inscription de la thématique de la paix et de la sécurité aux travaux de notre réunion, en mettant fort heureusement un accent particulier sur la nécessité d’une réponse commune aux défis sécuritaires auxquels nous sommes tous confrontés.

 

A l’instar d’autres régions  du monde, l’Afrique qui a été secoué par de nombreux conflits et qui continue de faire face aujourd’hui à de multiples défis sécuritaires qui grèvent ses budgets, ébranlent sa stabilité et hypothèquent lourdement ses efforts en matière de développement, a fait de la promotion de la paix et de la sécurité une priorité continentale. Les différents mécanismes mis en place par l’Union africaine dans le cadre de son architecture de paix et de sécurité (APSA) en sont l’illustration parfaite.

Cette architecture, mise en place grâce à la détermination des Etats africains tient dument compte de l’importance d’une réponse globale en matière de paix et de sécurité qui englobe l’impératif d’une veille stratégique à travers le Système Continental d’Alerte Rapide (SCAR), d’une structure politique de prise de décision  à travers le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), de la diplomatie préventive à travers le Panel des Sages et ses missions de médiation, ainsi que des moyens d’imposition de la paix à travers la Force Africaine en Attente (FAA) et le Fonds pour la Paix.

L’Afrique a aussi démontré ses capacités en matière de paix et de sécurité notamment à travers l’ambitieuse feuille de route visant à « faire taire les armes à l’horizon 2020 » ainsi qu’à travers les différents exercices militaires pour l’opérationnalisation de sa Force en Attente et de sa Capacité de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC).

Outre ces actions salutaires, l’Union africaine revendique également son droit à prendre toute la part qui lui revient dans la préservation, la gestion et le règlement des conflits en Afrique dans le cadre du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies portant sur la coopération avec les arrangements régionaux. Ainsi, elle s’est toujours posée à l’avant-garde des processus de règlement des crises et a toujours apporté une contribution considérable en la matière.

 

Concomitamment, d’inlassables efforts sont également consentis par les Etats africains et les regroupements régionaux, accroissant ainsi les capacités continentales en matière de paix et de sécurité.

A ce propos, je me réjouis de vous faire part des efforts de mon pays qui a été à l’origine de mise en place de mécanismes sous - régionaux efficients dont notamment le Comité d’État-major Opérationnel Conjoint (CEMOC) et l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL) qui constituent des espaces de coopération et de coordination importants dans la région. Mon pays participe aussi activement et avec détermination au Processus de Nouakchott.

Mon pays a également pris part à des opérations de soutien à la paix en Afrique en assurant le transport stratégique des troupes de l’AMISOM à partir des pays contributeurs de troupes vers la Somalie. L’Algérie apporte aussi un soutien considérable au processus d’opérationnalisation de la Force africaine en Attente (FAA) et de la Capacité africaines de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC) en assurant le transport et l’encadrement des exercices d’opérationnalisation.

De même, d’autres espaces sous - régionaux constituent également des atouts important qui méritent d’être relevés à savoir, en particulier, la force multinationale mixte pour combattre le groupe terroriste Boko Haram (FMM) et le processus de Djibouti.

Ces initiatives ont atteint des niveaux de coordination opérationnelle très avancé et prouvé que la synergie des efforts régionaux peut faire sensiblement la différence sur le terrain, comme elles ont prouvé que l’apport de la communauté internationale dans ce domaine devrait cibler la consolidation des capacités des pays africains en vue de leur permettre de s’approprier efficacement la sécurisation du continent, dans le cadre d’une approche de solutions africaines aux problèmes africains.   

   

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

L’Afrique a certes engrangé, grâce à ces efforts, des acquis significatifs dans le domaine de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits et des différends. Cependant, les crises et les conflits continuent de pénaliser les efforts de développement de certains Etats africains.

De plus, l’Afrique n’a toujours pas pu venir à bout des menaces sécuritaires que constituent le terrorisme et l’extrémisme violent sévissant notamment dans la région sahélo-saharienne, la criminalité transnationale organisée et les trafics de drogue, d’armes et de personnes, ainsi que des défis globaux tels que les changements climatiques et les flux migratoires illicites.

Outre le manque de moyens et les lacunes en matière de capacités, ce constat est également du, en partie, à la multiplication des initiatives concernant l’Afrique, sans pour autant impliquer les Etats africains et les organisations du continent, en particulier l’Union africaine, ainsi que les différentes ingérences que nous continuons malheureusement à observer dans différentes régions africaines.

Les tentatives d’exclure l’Union africaine des processus de recherche de solutions aux problèmes africains constituent une entorse au principe de coopération consacré dans la charte des Nations Unies, et ne peuvent qu’éloigner les perspectives de règlement des crises, du fait notamment de l’ignorance des dynamiques sociales, culturelles et économiques propres à l’Afrique mais aussi de la lecture biaisée des défis réels et des causes profondes de la résurgence des conflits et des crises en Afrique.

C’est pourquoi mon pays n’a cessé d’appeler les partenaires de l’Afrique à être à l’écoute des africains et à inscrire leurs initiatives dans la continuité des efforts africains et non pas pour s’y substituer. Cette approche complémentaire et intégrée est propre à imprimer aux processus de règlement des crises une plus grande efficacité et efficience en ce qu’elle permet d’unifier les objectifs au service d’un seul Agenda, celui de la paix et du développement.

    

La prééminence des solutions politiques négociées et les vertus du dialogue ne sont pas à illustrer. C’est dans cet esprit que mon pays appelle constamment à un règlement politique basé sur le dialogue inclusif et la réconciliation que ce soit au Mali ou en Libye, pays limitrophes et frères dont la sécurité, l’Unité et l’intégrité territoriale constituent une priorité de l’action extérieur de mon pays.

 

 

 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs

 

L’impact de l’insécurité et de l’instabilité sur le développement de certains Etats africains doit nous interpeller pour redoubler d’efforts en vue de consacrer cette approche de complémentarité qui tient compte des objectifs de sécurité et de développement.

L’action est aussi à mettre sur les efforts de l’Afrique en matière d’enracinement des pratiques démocratique, de la protection des droits de l’homme et de la promotion de la bonne gouvernance en vue de soutenir efficacement les efforts de développement humain et socioéconomique dans le cadre de sociétés africaines prospères où toutes les franches auront leur place, particulièrement les jeunes et les femmes.

Nous demeurons convaincus que le lien entre paix, sécurité et développement est entier et inextricable. Il ne peut y avoir de développement sans sécurité comme il ne peut y avoir de sécurité sans développement. C’est dans cet esprit que je lance un appel pour que nous puissions, dans ce forum comme dans d’autres fora internationaux, mettre nos efforts ensemble et agir en commun pour faire progresser l’agenda de paix et de sécurité internationales au service d’un développement durable et partagé.