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Intervention de S.E.M le Ministre des Affaires Etrangères Abdelkader MESSAHEL à la Conférence ministérielle sur les libertés religieuses (washington le 26-7-2018) 26/07/2018

 

 





Messahel plaide pour la diversité et la tolérance religieuse 

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a plaidé jeudi pour la tolérance religieuse et la diversité culturelle lors d’un sommet inédit sur la liberté religieuse organisé par le département d’Etat.

Intervenant lors de la session plénière de ce grand rassemblement qui a regroupé 80 délégations en présence du vice-président américain, Mike Pence, et du secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie algérienne a rappelé l’histoire de l’Algérie "trois fois millénaire marquée par une diversité culturelle".

C’est à ce titre qu’il a souligné également devant ce rassemblement le modèle algérien de tolérance et de vivre ensemble, relevant que l’Algérie terre d’Islam a donné à la chrétienté l’illustre théologien, Saint Augustin, et à l’humanité l’Emir Abdelkader qui a sauvé des milliers de chrétiens lors de son exil à Damas.

L’Algérie, a-t-il enchainé, a honoré la mémoire de Saint Augustin, en organisant en 2001 à l’initiative du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, un imposant symposium international sur son œuvre et sa contribution à l’enrichissement de la pensée et la foi chrétiennes.

Et de rappeler aussi lors de ce plaidoyer en faveur de la paix, la diversité et la réconciliation, les garanties constitutionnelles des libertés de conscience, d’opinion et d’exercice du culte en Algérie.

Soulignant que la religion ne doit en aucun cas "devenir un espace de confrontation", M. Messahel a expliqué que "la pratique de la foi est une forme importante d’expression de la liberté individuelle qui doit être protégée contre les attitudes d’intolérance et d’exclusion".

Mais a estimé, pour autant, que "la liberté de culte ne doit en aucun cas servir de prétexte pour porter atteinte à l’ordre, la sécurité ou à la morale et les droits fondamentaux d’autrui".

Au cours de son intervention le ministre a tenu à relever que cette réunion ministérielle intervenait dans un contexte international marqué par la montée de la xénophobie, de l’islamophobie et aussi par un amalgame dévastateur entre la religion musulmane et le fléau du terrorisme.

Cette rencontre de trois jours s’est achevée jeudi sur une déclaration et un plan d’action, annoncés par l’administration américaine, pour soutenir les minorités religieuses vulnérables et les victimes de persécutions.

--Multiples entretiens avec les responsables de l’administration américaine--


A la veille de sa participation à la réunion plénière de cette conférence internationale, le chef de la diplomatie algérienne a multiplié les rencontres avec de hauts responsables du Congrès et du gouvernement américain.

Mercredi, le ministre s’est entretenu avec le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, John Bolton, une rencontre s’inscrivant dans le cadre de la concertation régulière entre l’Algérie et les Etats-Unis.

L’entretien a été l'occasion pour les deux parties de procéder à une évaluation de la coopération algéro-américaine, notamment dans le domaine politique et sécuritaire.

M. Messahel a évoqué avec le chef du Conseil de la sécurité nationale (NSC), la situation dans les régions du Maghreb et du Sahel, notamment au Mali et en Libye ainsi que les derniers développements que connaissent ces deux pays et les processus politiques de règlement.

A ce titre, Il a informé son interlocuteur des efforts que l'Algérie déploie dans le cadre du règlement de la crise en Libye et au Mali.

Le ministre a eu également des discussions avec le président de la commission du renseignement de la chambre des représentants, M. Devin Nunes, centrées sur la coopération bilatérale et les questions 
sécuritaires.
 
L’entretien avec Devin Nunes a permis un échange de vues sur les situations de crise et de conflit, en particulier au Sahel et en Libye.

En parallèle, sa rencontre avec Mme Tina Kaidanow, assistante du secrétaire d’Etat, en charge des affaires politiques et militaires, a été l’occasion d’évoquer les moyens de renforcer les relations bilatérales notamment dans le domaine sécuritaire.
La promotion des relations bilatérales a été également au centre de ses discussions avec le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre des représentants, Ed Royce.

Les deux responsables ont réaffirmé au cours d’un entretien, tenu au Congrès, la volonté de l’Algérie et des Etats-Unis de travailler ensemble pour renforcer ces relations et les diversifier en matière d’économie, de commerce, de formation et de coopération parlementaire. 

 Messahel met en exergue les garanties offertes par la Constitution et les lois algériennes

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel a mis en exergue, jeudi à Washington, les garanties constitutionnelles des libertés de conscience, d’opinion et d’exercice du culte en Algérie.

Dans le cadre de sa participation à la Conférence ministérielle sur les libertés religieuses, sur invitation du Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, M. Messahel a notamment rappelé les dispositions de l’articles 42 de la Constitution algérienne qui stipule que "La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables. La liberté d’exercice du culte est garantie dans le respect de la loi".

Il a tenu à souligner que la réunion de Washington "intervient dans un contexte international marqué par la montée des intolérances de toutes natures, par la xénophobie, l’islamophobie et un amalgame dévastateur entre la religion musulmane et le fléau du terrorisme".

M. Messahel a, par ailleurs, souligné "l’attachement du législateur comme des institutions algériennes chargées de l’application de la loi à veiller à la réunion de toutes les conditions requises pour favoriser les libertés consacrées par la Constitution et les lois de la République".

Il a indiqué "qu’en Algérie, l’exercice du culte, musulman ou autre, se fait dans le cadre de la loi qui est opposable à l’ensemble des citoyens et concerne l’ensemble des religions". Il a précisé que "les lois algériennes sont conformes dans leur énoncé aux engagements internationaux pris par l’Algérie et à leurs dispositions relatives à l’exercice de la liberté de religion, en accordant un traitement légal à la religion musulmane et aux autres religions". "Le ministère en charge du culte ne s’appelle d’ailleurs 
pas ministère des affaires islamiques, mais le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs", a-t-il ajouté.

"C'est dans cette logique et à cette fin que s’inscrivent les politiques, stratégies, programmes d’action et initiatives mis en œuvre par l’Etat algérien. La tolérance, la modération, le dialogue, la négociation, l’inclusion, l’égalité des chances et des opportunités, la justice sociale, la concorde civile, la réconciliation nationale et le vivre ensemble en paix sont, à cet égard, les vecteurs porteurs de cette démarche que l’Algérie s’est choisi pour asseoir durablement la paix, la sécurité, la fraternité et l’égalité entre tous ses citoyens", a conclu M. Messahel. 

 « la religion ne doit pas devenir une ligne de rupture ou un espace de confrontation entre les individus et les peuples » 
Dans son intervention à la Conférence ministérielle sur les libertés religieuses, le Ministre des Affaires étrangères a souligné que « la religion ne doit pas devenir une ligne de rupture et un espace de confrontation entre les individus et entre les peuples, comme le veulent les idéologues de l’extrémisme et du sectarisme religieux », ajoutant que « La différence ne véhicule pas nécessairement une menace, comme la diversité recèle toujours un grand potentiel d’enrichissement mutuel ». 

Il a ajouté que « la pratique de la foi est une forme importante d’expression de la liberté individuelle et doit le rester et être protégée contre les logiques et les attitudes d’intolérance et d’exclusion ».
Il a, dans le même temps, souligné que « cette finalité requiert la promotion d’un environnement institutionnel favorable, reposant sur le solide socle de la primauté du droit et de l’égalité des droits sans discrimination ou distinction aucune ». 

Messahel a également souligné que « ce défi partagé qui interpelle toutes les Nations appelle à plus de mesures de nature à consolider davantage l’universalité des règles auxquelles les pays ont volontairement adhéré dans le cadre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». 

Enfin, M. Messahel a souligné que « l’exercice de la liberté de culte ne doit en aucun cas servir de prétexte pour porter atteinte à l’ordre, la sécurité et la santé publics, ou à la morale et les libertés et les droits fondamentaux d’autrui ». il a ajouté « que’elle ne doit pas, non plus, servir de vecteur et de motif d’interférence étrangère dans les affaires intérieures des Etats, et que bien au contraire, dans ce monde instable, les religions doivent rester des sources de fraternité et de paix, et non pas de haine et de conflits ».
C’est la conviction de l’Algérie et c’est la finalité de son action à l’intérieur de ses frontières et sur le plan international » a conclu le Ministre des Affaires étrangères.