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M. Messahel appelle à une "approche globale" tenant compte du lien entre développement, sécurité et migration 01/12/2017

 

 


Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader  Messahel, a appelé depuis Rome où il a pris part à la conférence  "Rome-Mediterranean Dialogues", à une "approche globale" sur la migration  irrégulière pour faire face à ce phénomène, en tenant compte de ses causes  profondes.   

Intervenant sur la thématique de la migration irrégulière en tant que  panéliste, dans le cadre de cette conférence qui se tient dans la capitale  italienne du 30 novembre au 2 décembre, M. Messahel a appelé à "une  approche globale pour faire face à ce phénomène, en tenant compte de ses causes profondes, au premier rang desquelles le niveau de développement des  pays ainsi que l'état de la sécurité et de la stabilité politique dans les  pays concernés". 

Analysant le phénomène, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que  la migration irrégulière "ne saurait être perçue et traitée dans ses causes profondes s'il n'est pas tenu compte de l'interaction objective qui existe  entre ce phénomène, le crime organisé, le trafic de drogues, la traite des  êtres humains, les conflits armés et l'instabilité politique". 

Il a ajouté que le fléau de la migration irrégulière "est encouragé par  les réseaux de passeurs criminels qu'il faut combattre avec la dernière  vigueur", ajoutant que "cette lutte ne devrait, en aucune manière, servir  de prétexte pour alimenter les pulsions racistes et xénophobes que suscite  l'arrivée massive de migrants sur le sol européen". 

Abordant précisément la question migratoire dans la méditerranée, Messahel  a souligné que "la migration y représente, notamment au regard de  l'importance des pertes en vies enregistrées et la résurgence de la  pratique honteuse de l'esclavage par des réseaux criminels activant en  Libye, un défi transnational de première importance".  

Il a rappelé que le cinquième sommet entre l'Union africaine et l'Union  européenne qui a pris fin jeudi à Abidjan (Côte d'Ivoire), "en a souligné  toute la gravité et appelé la communauté internationale à des actions  énergiques et concertées". 

Messahel a souligné, à nouveau, que l'Algérie "condamne cette pratique  honteuse à l'endroit de personnes innocentes et sans défense", et rappelle  "l'urgence d'une solution politique à la crise libyenne, solution qui  permettra à ce pays frère de se doter d'institutions de lutte contre ce  fléau". 
Dans le même sillage, il a mis en exergue le fait que les causes profondes  de la migration illégale "résident dans la multiplication de crises  politiques et des conflits armés, le développement de groupes terroristes et leur jonction active avec la grande criminalité transnationale, ainsi  que la persistance de la pauvreté extrême dans nombre de régions du  continent africain". 

S'agissant de la vision de l'Algérie, Messahel a estimé qu"'il est important que les pays de la région assument leurs responsabilités individuelles et collectives".  

Dans ce cadre il a rappelé que l'Algérie, après avoir été un pays  pourvoyeurs de migrants, et pendant un certain temps un pays de transit, "est devenue aujourd'hui un pays de destination et, de ce fait, partie  prenante dans la problématique migratoire". 

Pour ce qui est du phénomène migratoire en Afrique de manière générale, il  a rappelé que "l'Afrique est, de tous les continents, celui qui enregistre  les flux migratoires les plus importants au monde". Une particularité,  a-t-il ajouté, qui appelle à "appréhender, à sa juste valeur, le fardeau, sans égal ailleurs, porté par les pays africains, et d'agir conséquemment  sur les causes profondes de ce phénomène par la promotion d'une approche  globale, concertée, équilibrée et solidaire". 

S'agissant du phénomène de la migration irrégulière et ses liens avec le  développement, le chef de la diplomatie algérienne a indiqué qu'"au lieu  d'affecter l'essentiel des moyens financiers au renforcement des mesures  sécuritaires de lutte contre l'immigration irrégulière, il est plus  judicieux de les consacrer à la promotion de projets économiques  structurants, seul moyen susceptible d'engendrer de véritables dynamiques  de développement et de réduire durablement la pression migratoire en fixant  les candidats à la migration dans leurs propres pays". 

Il a relevé que la migration irrégulière "qui est une réalité  socioéconomique, ne saurait être dissociée du niveau de développement d'un  pays ainsi que de sa stabilité politique".  

"Plus le niveau de développement d'un pays est élevé et moins il est  pourvoyeur de migration. Il en va de même de la stabilité et de la sécurité  qui y règnent. Ainsi, le partage équitable de la prospérité et  l'instauration durable d'un climat de sécurité participent, de manière  directe, au tarissement des flux de migrants irréguliers", a-t-il  conclu.