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Messahel s'adresse à la 72 ème session de l'Assemblée Générale 22/09/2017

 

 

 

 

 

 

Le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel a prononcé, vendredi à New-York, un discours devant la 72 ème session de l'Assemblée Générale de lONU, dans lequel il a exposé la vision de l'Algérie et sa position sur les principales questions qui  préoccupent la communauté internationale et qui occupent le devant de la  scène mondiale. 


Présidant la délégation algérienne aux travaux de cette session placée sous le thème "l'être humain au coeur des efforts en faveur de la paix et  dune vie décente pour tous sur une planète durable", M. Messahel a indiqué  que celle-ci se tient dans "un contexte tout aussi préoccupant que celui  qui a entouré les précédentes sessions, puisqu'il est marqué par la persistance  de conflits anciens en attente d'un règlement, l'apparition de  nouveaux conflits meurtriers et de foyers de tension". 


Il a également cité "la fragilisation de l'équilibre écologique de la  planète en raison des outrages répétés qui lui sont infligés, la  paupérisation, le sous-développement et les maladies qui continuent d'être  le lot quotidien de centaines de millions d'individus dans le monde" et, enfin, "l'aggravation des menaces transfrontalières qui, à l'image du  terrorisme et de son corollaire, le crime transnational organisé, affectent  directement la sécurité et la stabilité  de chacun des pays", a-t-il  déploré. 


"Ces défis ne doivent pas faire douter la communauté internationale de sa  capacité à les relever et à les surmonter car, comme le soulignait le  Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lorsquil avait la charge  de conduire les travaux de lÆAssemblée Générale,  la responsabilité  consiste moins à tourner le dos à la réalité, que d'y faire face avec une  

vigilante rigueur", a-t-il ajouté. 


Tout en relevant le caractère "perfectible, à plus d'un égard", de l'ONU, le ministre a souligné qu'elle reste "plus que jamais l'instrument unique  et irremplaçable au service des nations que le Président Bouteflika avait  décrit comme  +une arche de concorde et d'alliance entre toutes les nations  du monde+" . 


Abordant la multiplication des foyers de tensions et de crises, il a  indiqué que l'Algérie considère qu'il est "plus que jamais nécessaire de  procéder à un examen collectif des causes qui ont conduit à la faillite du système de sécurité collective que les pères fondateurs de l'ONU ont érigé  en un rempart devant prémunir les générations à venir des horreurs de la  

guerre". "Il est impératif que nous nous attelions à réformer notre  Organisation pour la mettre en position d'assumer pleinement les missions  pour lesquelles elle a été créée, que ce soit dans la prévention des  conflits, la promotion de la paix, le respect des droits de l'Homme ou  l'application du droit à l'autodétermination", a-t-il poursuivi. 


Concernant précisément cette question de réforme, le chef de la diplomatie  algérienne a relevé qu'"elle doit, en premier lieu, porter sur le Conseil  de sécurité, avec comme point de départ, la correction de l'injustice  historique que constitue la sous-représentation de l'Afrique dans les deux  catégories de membres de cet organe et son élargissement à d'autres  nouveaux acteurs importants sur la scène internationale". Il a, dans le  même temps, relevé "le consensus de plus en plus observé concernant la  nécessité d'une revitalisation et d'un renforcement de l'autorité de  l'Assemblée Générale". 


Tout en réitérant "l'attachement de l'Algérie aux principes cardinaux de  sa politique extérieure et qui sont ceux-là mêmes consacrés dans la Charte  des Nations Unies, à savoir le respect de l'indépendance et de l'intégrité  territoriale des Etats, la non-ingérence dans les affaires intérieures des  Etats, le règlement pacifique des différends et le respect du droit à  l'autodétermination, M. Messahel a souligné que "l'Algérie entend continuer  d'assumer activement le rôle qui est le sien sur la base desdits principes  et  à privilégier la voie de la solution politique que ce soit en Syrie, au  Yémen, au Mali ou en Libye". 


Il a ajouté, dans le même sillage, que "l'Algérie considère que la  question du Sahara occidental, en tant que problème de décolonisation, ne  peut trouver son règlement qu'à travers l'exercice, par le peuple du Sahara  occidental, de son droit imprescriptible à l'autodétermination". Il a,  également, réitéré le "plein soutien" de l'Algérie au "peuple palestinien  frère pour la réalisation de ses droits nationaux inaliénables et la  création de son Etat indépendant avec El Qods comme capitale". 


S'agissant de la lutte contre le terrorisme, le ministre a indiqué que ce  fléau et sa matrice, l'extrémisme violent, "continuent d'occuper le devant  des préoccupations de la communauté internationale, d'où la nécessité,  a-t-il relevé, d'une prise en charge urgente et rapide de cette menace  grandissante et des phénomènes aggravants", citant le retour des  combattants terroristes étrangers ainsi que la progression de  l'islamophobie qui est, a-t-il insisté, de nature à "alimenter le discours  radical". 


Quant à la question de la migration, M. Messahel a appelé à une "approche  judicieuse qui tient compte, à la fois, des opportunités à exploiter au  bénéfice des économies des pays et des sociétés respectives, mais aussi des  situations fortement préjudiciables, tant aux personnes concernées qu'aux  pays contraints d'y faire face". Il a ajouté, à ce propos, que l'Algérie  qui a été un pays d'origine et de transit, et aujourd'hui, de destination  des flux migratoires, "mesure à sa juste valeur la complexité de cette  question et considère nécessaire de continuer à rechercher ensemble des  solutions globales, intégrées, équilibrées et fondées sur un juste partage  des responsabilités qui préservent la dignité de personnes que la peur et  la pauvreté ont mises sur le dangereux chemin de l'exode et de  l'exploitation par le crime organisé transnational".


En outre, le ministre a partagé avec les participants les contours du  nouveau modèle de croissance, initié en juillet 2016 sous l'impulsion du  Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et qui cible la  consécration d'une économie nationale "émergeante" à l'horizon 2030, en  traçant les trajectoires d'une gestion budgétaire rationnelle qui préserve  les acquis de justice sociale et de solidarité nationale.  


Il a, par ailleurs, fait part des actions entreprises par l'Algérie pour  la promotion des droits de la femme et de son autonomisation ainsi que pour  la prise en charge des jeunes, notamment à travers la Constitution  algérienne amendée en 2016. A cet égard, il a rappelé les prix obtenus par  l'Algérie au niveau de l'Union africaine ainsi que les différents rapports  et études d'organisations régionales et internationales qui ont apporté un  témoignage "fort éloquent" quant à ces "développements positifs".     


Enfin, M. Messahel a relevé que, malgré "toutes les incertitudes et les  menaces qui pèsent sur le monde, le message de lÆAlgérie est un message  dÆespoir, d'engagement sincère de solidarité, de disponibilité attentive et  d'écoute". 


"Nous croyons à l'esprit qui a présidé à la création de l'Organisation des  Nations Unies, c'est à dire des Nations et des Peuples se réunissant autour  de valeurs et de principes communs et qui acceptent de s'engager, chacun  pour la part qui lui revient, dans la construction d'un avenir apaisé et  empreint de respect entre les Peuples et Nations", a-t-il conclu.