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M. OUYAHIA reçoit le 1er vice-président de la Banque mondiale (BM) 13/12/2005

 

M. OUYAHIA reçoit le 1er vice-président de la Banque mondiale (BM) 


Le Chef du Gouvernement, M. Ahmed OUYAHIA, a reçu lundi 12 décembre 2005 à Alger, le premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale (BM), M. François BOURGUIGNON, qui effectue une visite de travail en Algérie. 

L'audience s'est déroulée en présence du ministre des Finances, M. Mourad MEDELCI, et du gouverneur de la Banque d'Algérie, M. Mohamed LAKSACI. 


Le PCSC susceptible d'améliorer l'égalité des chances en Algérie, selon le vice-président de la BM 

La réalisation du Programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) engagé par l'Algérie pour la période 2005-2009 pourrait fortement contribuer à la consécration dans les faits du principe de l'égalité des chances parmi la population algérienne, a déclaré le premier vice-président de la Banque mondiale (BM), M. François BOURGUIGNON. 

Ce haut fonctionnaire de la Banque mondiale, qui en est également l'économiste en chef, a tenu ces propos lors d'une conférence-débat avec la presse qu'il a animée dimanche au siège de la représentation de cette institution financière internationale à Alger, consacrée à la "relation entre la croissance économique et l'équité". 

Le PCSC est un plan quinquennal de "mise à niveau" du pays à travers la promotion économique et sociale des régions, notamment les plus défavorisées, et le développement des grandes infrastructures de base pour un montant global de quelque 60 milliards de dollars sur fonds publics. 

Thème d'un rapport mondial élaboré récemment par la BM, le lien ainsi établi entre la prospérité économique et l'équité est une nouveauté dans l'approche de la Banque mondiale qui, habituellement, cherche à résoudre le problème de la pauvreté sous l'angle unique de la croissance économique qu'elle considérait comme la panacée dans toute lutte contre ce fléau. 

Expliquant la notion d'équité en tant qu'objectif de développement, M.BOURGUIGNON a souligné qu'elle signifiait une large répartition des chances aux plan économique et politique de façon que plus d'équité peut permettre une utilisation complète et efficace des ressources dont est doté un pays. 

D'autant plus, a-t-il ajouté, que "cela tient également à des raisons d'ordre politique car les inégalités en termes de pouvoir et d'influence peuvent aboutir à des structures institutionnelles, tant politiques qu'économiques et sociales, moins propices à la croissance à long terme". 

Autrement dit, lorsque les pouvoirs politique et économique dans un pays sont accaparés par une ''élite'', cela aboutit "systématiquement à une situation de monopole qui entrave la concurrence et protège un système de rente". 

L'action des pouvoirs publics doit donc, selon son analyse, "chercher à accroître l'ensemble des opportunités offertes à ceux qui ont le moins de possibilités de se faire entendre et qui ont le moins de ressources et de capacités en procédant pour cela d'une manière qui renforce les libertés individuelles
ainsi que le rôle des marchés dans l'affectation des ressources". Par équité, il faudrait entendre, d'après M. BOURGUIGNON, que les politiques doivent viser à promouvoir l'égalité des chances en accordant à tous "les mêmes possibilités de devenir socialement actifs, politiquement influents et économiquement productifs". 

Elle permet tout simplement d'élargir les possibilités offertes aux groupes défavorisés de la société. 

Questionné par la presse sur la perception que pourrait avoir la Banque mondiale sur l'application de ce principe en Algérie dans un contexte de croissance favorable et d'une amélioration confirmée des indicateurs économiques, M. BOURGUIGNON a considéré qu'au rétablissement en cours de la situation économique se greffent, effectivement, des "problèmes d'inéquité" tel que le chômage et les difficultés d'accès au travail qui s'expliquent, selon lui, par "l'inadéquation entre le système éducatif et le monde du travail". 

Cependant, a-t-il estimé, le Programme complémentaire de soutien à la croissance est susceptible ''d'augmenter davantage les potentialités et les revenus de l'Algérie lesquels devraient profiter à la population'' et permettre donc les égalités de chance. 

Au cours de la conférence de presse, le vice-président de la Banque mondiale a été également questionné sur l'opportunité de l'augmentation des salaires comme moyen d'amélioration du bien-être social que vise toute notion d'équité. 

Dans sa réponse, le représentant de la BM s'est montré peu favorable à cette solution. En outre, il a considéré que la Banque mondiale ''n'entre pas dans le jeu politique d'un pays'' même s'il est du devoir de cette institution financière internationale, a-t-il ajouté, de "dire quelles sont les implications 
sociales et économiques'' d'un dispositif introduit par tel ou tel pays. 

Il a considéré, en outre, que le fait qu'un Etat engage plus de dépenses ''ne peut pas constituer systématiquement une source d'équité'' et a cité en exemple le système des subventions qui, dans beaucoup de pays, "est mal ciblé et bénéficie le plus souvent aux riches". 

Un deuxième programme quadriennal de stratégie de coopération Algérie-Banque mondiale (programme CAS) de soutien aux réformes, après celui signé en 1996, est en vigueur jusqu'à 2006.