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Visite de Mogherini à Alger: vers plus de dialogue et de coopération pour un partenariat "plus substantiel et affirmé" 06/04/2017

 

 

 

 

La visite de la haute représentante de l'Union  européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité,  Federica Mogherini samedi et dimanche à Alger, dénote la volonté de l'UE de renforcer ses relations avec l'Algérie en vue de construire un partenariat  bilatéral "plus substantiel et affirmé". 

 

L'Algérie et l'UE ont renouvelé, à l'occasion de la 10ème session de leur  Conseil d'association tenu le 13 mars dernier à Bruxelles, leur engagement  mutuel à "approfondir le dialogue politique et la relation stratégique dans  le cadre d'un partenariat plus substantiel et affirmé". 

Un partenariat qui devrait désormais s'articuler autour des "priorités"  identifiées conjointement dans le cadre de la Politique européenne de  voisinage renouvelée, et adoptées lors de ce Conseil. 

 

Les priorités identifiées jusqu'en 2020 portent sur le dialogue politique,  la gouvernance, l'Etat de droit et la promotion des droits fondamentaux, la  coopération, le développement socio-économique et les échanges commerciaux,  y compris l'accès au marché unique européen. 

 

Elles portent également sur les questions énergétiques, l'environnement et  le développement durable, le dialogue stratégique et sécuritaire, la  dimension humaine, y compris le dialogue culturel et inter-religieux, ainsi  que la migration et la mobilité. 

 

Certaines de ces priorités feront l'objet d'une coopération technique et  financière qui sera mise en oeuvre dans le cadre de la programmation  financière 2018-2020, selon l'UE. 

 

D'ailleurs, trois conventions de financement par l'UE ont été signées lors  du Conseil d'association dont une pour un programme d'appui au  développement des énergies renouvelables et promotion de l'efficacité  énergétique en Algérie d'un montant de 10 millions d'euros, une autre pour  un programme de réforme des finances publiques (10 millions d'euros) et une  dernière pour un programme d'appui à la mise en oeuvre de l'Accord  d'association (20 millions d'euros). 

 

Pour concrétiser leur souhait de placer la relation bilatérale Algérie-UE  au niveau qui correspond à la place qu'elles occupent dans la région, les  deux parties ont mené en 2016 un processus d'évaluation de l'Accord  d'association qui a permis d'adopter des mesures d'accompagnement figurant  

dans le document "constats et perspectives" afin d'améliorer la mise en  œuvre de l'Accord au bénéfice des deux parties. 

 

Un nouveau cadre pour une coopération plus approfondie

 

Ce nouveau cadre a permis à l'Algérie et l'UE de confirmer leur volonté et  leur ambition d'établir une coopération large, globale et approfondie à  tous les niveaux. 

"Nous entendons tout faire pour tirer le meilleur de l'accord d'association  et nous projeter ensemble résolument vers l'avenir, un avenir qui sera  qualitativement meilleur pour les deux parties", a affirmé en mars le  ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération  internationale, Ramtane Lamamra, lors d'une conférence de presse commune  avec Federica Mogherini à Bruxelles. 

 

Le chef de la diplomatie algérienne avait indiqué que " cet esprit de  travail en commun, cet esprit de conjugaison des efforts" entre l'Algérie  et l'UE " va se traduire par beaucoup d'interaction dans les prochaines  semaines et les prochains mois". 

 

" Nous avons décidé d'approfondir encore plus notre coopération stratégique  et notre dialogue sur les défis communs que nous partageons, et les  réponses à ces défis", affirmait de son côté la haute représentante de l'UE  pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. 

 

Les défis régionaux communs de l'UE et de l'Algérie, parmi lesquels la  sécurité, la prévention et la lutte contre le terrorisme et la migration,  seront ainsi au coeur de la visite de la chef de la diplomatie européenne  en Algérie, la deuxième après celle effectuée en septembre 2015. 

 

Selon les services diplomatiques de Mogherini, la relation entre l’UE et  l’Algérie a connu de "nombreux développements encourageants" ces deux  dernières années. 

Des consultations à haut niveau politique sur les questions régionales et  internationales d'intérêt commun, ont été menées entre les deux parties  pour parvenir à une réponse globale et concertée. 

 

Sur le plan de la coopération énergétique, l'Algérie et l'UE sont liées  depuis 2013 par un partenariat stratégique axé sur le renforcement de la  sécurité énergétique, les énergies renouvelables et l'efficacité  énergétique grâce à un dialogue politique de haut niveau. 

 

Après le 1er forum d'affaires organisé à Alger en mai 2016 et plusieurs  autres réunions d'experts autour de thématiques de coopération identifiées  conjointement (gaz, électricité, efficacité énergétique et énergies  renouvelables), l'Algérie et l'UE tiendront mardi prochain à Bruxelles leur deuxième réunion de haut niveau en matière de coopération énergétique. 

 

Dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes, l'Algérie et  l'UE ont donné un nouvel élan à leur coopération à travers la signature, en  décembre 2016, d'un arrangement administratif qui marque une nouvelle étape  pour le travail commun en matière de protection civile. L'Algérie est le premier partenaire du voisinage Sud de l'UE à participer au mécanisme  européen en la matière. 

 

Une mission d'expertise électorale de l'UE sera déployée à l'occasion des  élections législatives du 4 mai prochain pour conduire une analyse du  processus électoral. 

"A l'instar des missions précédentes de l'UE lors des scrutins de 2012 et  2014, celle de 2017 illustre de nouveau notre pleine coopération", a  affirmé l'UE.