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L'arrêt de la Cour européenne "atteste de la justesse de la position algérienne" 23/12/2016

 

 

 

 

Le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel,  a considéré vendredi à Madrid que l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)  qui confirme que l’accord commercial de libre-échange entre l’UE et le Maroc ne peut pas être mis en oeuvre au Sahara occidental, ‘‘atteste de la justesse de la position de l'Algérie qu’elle a toujours défendue’‘.
 
M. Messahel explique dans une interview à l'APS que ‘‘la question du Sahara occidental est une question de décolonisation et que ce territoire est non autonome auquel s’applique à son peuple, le droit à l’autodétermination’‘.
A ce titre, a-t-il précisé, l’arrêt rendu par cette cour est ‘‘conforme à la doctrine des Nations unies en matière de décolonisation’‘.
 
‘‘L’arrêt en lui-même vient conforter la force du droit sur le droit de la force’‘, a-t-il souligné.
 
M. Messahel a indiqué en outre qu’avec cet arrêt de la CJUE, l’Algérie espère que les Nations unies comme son nouveau secrétaire général ‘‘en prendront acte’‘.
‘‘L’Algérie espère qu'il s'agit là d'une nouvelle dynamique qui permettra de relancer le processus de parachèvement de la décolonisation du Sahara occidental’‘, a-t-il dit.
 
Le ministre s'exprimait, au lendemain de la tenue dans la capitale espagnole de la première session du dialogue stratégique algéro-espagnol qu'il a coprésidée avec le secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères, Ignacio Ibanez.
 
Adhésion du Maroc à l’UA : l'Algérie sereine et vigilante
 
Concernant le prochain sommet de l'Union africaine, prévu dans la capitale éthiopienne, fin janvier prochain, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes a souligné que ‘‘l’Algérie partira à ce sommet avec sérénité et vigilance’‘.
 
‘‘Sérénité dans le sens où l’adhésion à l’Union africaine de tout nouvel Etat doit obéir aux critères et règles qui régissent l’organisation continentale, se conformer à l’acte constitutif et respecter les droits souverains de ses Etats membres’‘, a-t-il expliqué. Vigilance, d’autre part, car il existe ‘‘des agendas cachés visant la division et l'affaiblissement du continent africain’‘, a poursuivi M. Messahel, pour qui l'Afrique est un continent émergent et ne peut peser au plan international que s'il reste uni et solidaire.‘‘L'échec des tentatives lors du récent sommet Afrique-monde arabe en est la meilleure illustration’‘, a-t-il mis en garde.
 
Crise en Libye: Faiz Serraj de nouveau à Alger dimanche
 
Abordant la crise libyenne, le ministre a rappelé que le pays voisin connait depuis quelques années une situation de ‘‘crise grave qui risque de le mener vers des dérives s'il n'y a pas de processus (politique) inclusif réel’‘.Il est évident, a expliqué M. Messahel, que ‘‘l’Algérie ne peut pas rester indifférente du fait que la Libye est un pays voisin avec lequel nous partageons une longue frontière, l’histoire, la culture et le voisinage’‘ et, pour cela, l’Algérie mène depuis quelques temps déjà des ‘‘efforts qui ne sont pas en contradiction avec l’initiative des Nations unies’‘, militant ainsi en faveur d’une solution politique qui préserve son unité et sa souveraineté’‘.
 
L’Algérie milite aussi, a-t-il précisé, en faveur d’un ‘‘dialogue direct entre Libyens, qui leur permettra de choisir leur propre devenir’‘ tout en plaidant pour que tous les efforts internationaux se conjuguent et convergent en vue d’un agenda : celui d’accompagner les Libyens vers une sortie de la crise.
 
Il est évident, a-t-il dit, que ‘‘l’Algérie n’a pas d’intérêt autre que celui d’accompagner ses frères libyens à sortir de la crise ou prévenir les dérives qui risquent d’avoir des conséquences sur les pays voisins’‘.‘‘C'est dans ce sens que notre pays a reçu plusieurs acteurs libyens dont M. Aguila Saleh, le président de la Chambre des représentants, et le Marechal Khalifa Haftar’‘, a indiqué M. Messahel, annonçant que l'Algérie recevra encore une fois dimanche prochain Faiz Serradj, président du Conseil présidentiel et Premier ministre libyen, ainsi que d'autres personnalités libyennes dans les prochaines semaines.