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Mali: la diplomatie algérienne pour relancer la dynamique de mise en oeuvre de l’Accord de paix et de réconciliation 20/06/2016

 

 

La 11ème session du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le nord du Mali, dont les travaux se tiendront mardi à Bamako,

intervient dans un contexte marqué par des efforts déployés par la diplomatie algérienne pour relancer la dynamique de mise en oeuvre de l’Accord de paix et de la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

La réunion, qui coïncidera avec le premier anniversaire de l’Accord, sera co-présidée par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Ramtane Lamamra et son homologue malien Abdoulaye Diop.

Les problèmes survenus lors de l’application de l’Accord, durant sa première année de mise en oeuvre, seront au coeur des discussions du Comité de suivi de l’accord (CSA), piloté par l’Algérie, lors de sa réunion à laquelle prendra part M. Lamamra.

Il s’agit, à ce titre, d’une réunion d’évaluation de la première année de mise en oeuvre de cet Accord signé, dans une première phase, en mais 2015 et dans une deuxième étape le 20 juin de la même année à Bamako.

M. Lamamra, qui a reçu à Alger plusieurs responsables maliens de la Coordination, de la plate-forme et du gouvernement, s’est montré optimiste, avant son départ à Bamako, quant à l’avenir de la mise en oeuvre de l’Accord, dont le premier anniversaire marquera, selon lui, "un nouveau départ avec le même esprit constructif pour la concrétisation de toutes les exigences de paix et de réconciliation".

La rencontre de Bamako sera une occasion pour évaluer les réalisations accomplies, depuis la signature de l’Accord, et "relever les difficultés qui ont entravé la cadence de sa mise en oeuvre", avait déclaré le chef de la diplomatie algérienne, à l’issue de sa rencontre avec le représentant de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), Bilal Ag Cherif.

A la veille de cette réunion, les efforts diplomatiques déployés par

la médiation, et en particulier par l’Algérie, notamment suite à la 9ème réunion de la CSA à Bamako, les 13 et 14 juin, ont débouché sur des résultats probants, à travers l’annonce de l’entente entre le gouvernement malien et les groupes politico-militaires signataires de l'accord de paix de 2015 pour la création d'autorités intérimaires dans les cinq régions administratives du nord du Mali.

Cette entente, qualifiée par les parties signataires de l’Accord, "d’avancées significatives", est intervenue, dimanche à Bamako, coïncidant ainsi avec la première journée de la visite de Lamamra dans la capitale malienne. Elle constitue, également, une étape nécessaire pou relancer la mise en oeuvre de l’Accord issu du processus d’Alger.

L’Algérie, qui a déployé des efforts diplomatiques depuis l’entame du processus du dialogue, en juillet 2014, de par sa qualité de chef de file de la médiation internationale pour la paix et la réconciliation au nord du Mali, est en phase d’assumer sa mission, en réunissant les parties signataires de l’Accord, en vue d'évaluer l'état d'avancement dans la mise en oeuvre de cet Accord et d'identifier les moyens de dynamiser le processus.

Dans son approche globale du règlement de la crise au nord du Mali, et conformément à l’esprit de la feuille de route tracée lors du processus du dialogue, l’Algérie demeure attachée à l’impératif d’oeuvre à l’amélioration des conditions de vie des habitants de ces régions qui exige des efforts de développement dans la région.

C’est ce qui a fait dire à M Lamamara, à la veille de sa visite à Bamako, que l’Algérie insiste sur la paix et la réconciliation de même qu’elle souligne "l'impératif d'améliorer les conditions de vie des habitants de ces régions et de mieux répondre à leurs revendications objectives", toute en estimant qu’un "effort s'impose aussi bien pour le développement, les aides humanitaires et l'investissement que pour la création d'infrastructures économiques productives dans ces vastes régions".

Mise en oeuvre de l’Accord : des réalisations et des attentes

Une année après la signature de l’Accord, plusieurs réalisations sont à mettre à l’actif du CSA, présidé par l’Algérie, dont entre autres, la mise en place et l’installation des Agences de Développement Régional (ADR), la nomination et l’installation des gouverneurs des deux régions nouvellement créées, Taoudénit et Ménaka, et l’adoption en cours par l’Assemblée Nationale malienne des projets de textes relatifs aux autorités intérimaires, conformément aux dispositions y afférentes de l’Accord. Il y a lieu de citer, également, l’amorce de la révision constitutionnelle, à travers l’élaboration de projets de décrets destinés à prendre en charge les dispositions de l’Accord relatives à la création de la deuxième chambre du parlement.

D’autres avancées, en matière de défense et de sécurité, ont été réalisées, dont particulièrement, la création du cadre institutionnel de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) et la nomination d’un commissaire à la RSS, la création de la Commission Nationale Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (CN-DDR) et de la Commission d’Intégration (CI) et la réalisation de la première patrouille mixte (Forces Armées Maliennes, Plateforme et CMA), formule susceptible d’évoluer, selon le voeu des parties elles-mêmes, vers des "unités mixtes".

Il reste, cependant, que des attentes sont exprimées pour parachever l’agenda de la paix arrêté, à l’issu du processus d’Alger, à savoir la mise en place des autorités intérimaires et l’indisponibilité de tout le financement nécessaire à la réalisation des projets et programmes prévus à l’annexe 3 de l’Accord.

L’entente entre les mouvements politico-militaires du nord du Mali et le gouvernement pour la création des cinq régions administratives du nord du Mali et des autorités intérimaires, annoncée dimanche à Bamako, constitue une amorce de relance " sérieuse" de la dynamique de la mise en oeuvre de l’Accord, si toutefois son agenda accepté par l’ensemble des parties est respecté, selon les observateurs.

 

La persistance de l’insécurité qui freine la relance des actions de développement, en particulier, au Nord du Mali, les menaces liées à la persistance du terrorisme et du narcotrafic et la complexité des procédures de décaissement du financement déjà acquis et, d’une manière générale, certaines lenteurs dans le processus décisionnel pour la concrétisation des mesures stipulées dans l’Accord, sont autant de difficultés, énumérées par Lamamra lors d’un entretien accordé, le 15 mai passé, à l’occasion du premier anniversaire de la première phase de signature de l’Accord.