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ALGERIE - ONU - DIPLOMATIE 28/09/2008

 

L'Algérie appelle à adopter une convention générale relative à la lutte contre le terrorisme 


L'Algérie appelle à adopter, le plus tôt possible, une convention générale relative à la lutte contre le terrorisme, a indiqué, samedi à New York, le Ministre des Affaires étrangères, M. Mourad MEDELCI, dans une intervention devant la 63e session de l'Assemblée générale des Nations unies. 

"Il est nécessaire de lutter efficacement et résolument contre le terrorisme sous toutes ses formes", a affirmé M. MEDELCI, soulignant de nouveau "l'importance et l'urgence de l'adoption de la Convention générale relative à la lutte contre le terrorisme". 

Cette convention devrait avoir pour vocation "essentielle" de "conférer à la lutte antiterroriste un contenu et une portée à la mesure des menaces avérées ou latentes", tout en évitant, a-t-il précisé, "toute disposition ou stipulation qui aurait pour effet de porter atteinte à la lutte légitime des peuples pour recouvrer leur liberté ou de jeter le discrédit sur une communauté religieuse en particulier". 

Evoquant l'action de l'Algérie dans les espaces géographiques et politiques auxquels elle appartient, inspirée par les "principes de bon voisinage, de coopération et de solidarité", il a affirmé qu'elle "ne ménage aucun effort, tant sur le plan bilatéral que multilatéral, pour préserver la stabilité et la sécurité et promouvoir des partenariats au bénéfice des pays et des peuples de la région". 

Dans la région du Maghreb, l'Algérie oeuvre pour "aplanir les difficultés conjoncturelles qui entravent la relance de l'Union du Maghreb arabe", a relevé M. MEDELCI, soulignant que cette relance "doit se faire sur des bases saines, solides et durables". 

En ce sens, le Chef de la diplomatie algérienne a affirmé que "l'Algérie a soutenu sincèrement et continuera à le faire tous les effort visant à trouver une solution au conflit du Sahara occidental qui soit juste, durable et conforme à la légalité internationale et qui permette au peuple sahraoui d'exercer pleinement et librement son droit inaliénable à l'autodétermination". 

M. MEDELCI a, dans ce contexte, indiqué que l'Algérie estime "absolument important que la dynamique créée par le processus de Manhasset soit préservée et encouragée". "Elle ne saurait assez insister sur la responsabilité que les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, assument à cet égard et les engage à poursuivre le processus des négociations et à faire preuve de la volonté politique indispensable pour son succès", a-t-il ajouté. 

Le Ministre des Affaires étrangères a aussi lancé un appel "pressant" au secrétaire général de l'ONU "pour qu'il participe à la levée des écueils qui se dressent sur le chemin du processus" et pour "réunir les conditions propices" à la tenue, dans les "meilleurs délais", du 5e round de Manhasset. 

Evoquant la question du Moyen-Orient, M. MEDELCI a relevé que "cette région ne connaîtra pas de paix sans un règlement de la question palestinienne". 

"L'avènement d'une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient passe immanquablement par le recouvrement par le peuple palestinien de ses droits nationaux et historiques, y compris son droit à disposer d'un Etat indépendant ayant pour capitale El Qods El Sharif, le retour des réfugiés et par la restitution de tous les autres territoires arabes occupés par Israël", a souligné le Ministre. 

A cet effet, l'Algérie lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle "assume pleinement ses responsabilités à l'égard du peuple palestinien, à la fois sur le plan politique pour appuyer sa juste cause et sur le plan humanitaire pour renforcer son assistance afin de soulager les souffrances qu'il endure". 

Au niveau africain, M MEDELCI a affirmé que l'Union africaine et ses organisations sous-régionales se sont imposées comme des "partenaires incontournables et respectés, notamment dans les domaines de la prévention et du règlement des crises africaines". L'Algérie qui se félicite de ces "tendances positives", "regrette, néanmoins, a-t-il dit, que l'appui et l'engagement des partenaires de l'Afrique demeurent en deçà des objectifs convenus". 

Par ailleurs concernant le Soudan, il a souligné qu'"il est de la plus haute importance de se garder de toute action de nature à contrarier les efforts de la paix en cours ou à porter atteinte à l'unité" de ce pays, "à son intégrité territoriale et à sa souveraineté". 

"A cet égard, nous réitérons notre soutien à la démarche et aux propositions de la Ligue arabe, de l'Union africaine, de l'organisation de la Conférence islamique et du Mouvement des pays non alignés, demandant au Conseil de Sécurité de geler la décision du procureur général du Tribunal pénal international et d'agir dans le sens de la promotion et de la consolidation de la dynamique de paix et de réconciliation nationale", a-t-il ajouté. 

Il a indiqué aussi que l'Algérie "salue" la voie tracée par L'Union africaine dans le régalement de la situation au Zimbabwe, tout en se "solidarisant" avec les efforts de l'Afrique qui, a-t-il dit, "s'investit pleinement dans le règlement de la crise somalienne". 

Le Ministre des Affaires étrangères a estimé d'autre part "indispensable" de poursuivre la réforme de l'ONU afin qu'elle devienne un "instrument de conquête de nouveaux espaces de liberté, de démocratie, de justice, de paix, de sécurité, de développement et de progrès", appelant dans ce sens à un "élargissement équitable" de la composante du Conseil de Sécurité, "la démocratisation de ses prises de décision et l'amélioration de ses procédures de travail".