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Abdelmalek Sellal préconise une "réponse globale" du monde civilisé à Daech 20/11/2015


Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a préconisé, dans une interview au quotidien le Monde, une "réponse globale" du monde civilisé pour contrecarrer l’entité terroriste Daech.

"Nous pensons qu’il faut une réponse globale du monde civilisé face au phénomène Daech. Je sais que le président Hollande veut saisir l’ONU pour qu’une résolution sur la lutte contre le terrorisme soit adoptée", a-t-il dit quotidien du soir, attestant qu’aller aux Nations unies est la "meilleure solution".

Il a jugé "nécessaire" que l’ensemble des pays "jouent le jeu dans cette affaire", sinon, a-t-il averti, "nous n’arriverons pas à venir à bout de ces groupes".

"Voyez ce qui se passe en Syrie : ces différents pays qui agissent par mouvements interposés. Daech profite de ces divisions internationales et arrive, comble du comble, à exporter du pétrole pour acheter des armes. Ce sont des contradictions qu’il nous faut absolument dépasser", a soutenu le Premier ministre, recommandant d'agir sur le plan sécuritaire "mais aussi pour éteindre les foyers où ce phénomène est né".

Il a affirmé que ce qui s’est passé en Irak, en Syrie, en Afghanistan ou en Libye "a contribué à cette flambée de terrorisme. C’est ce qui a permis à ce phénomène de se développer".

"Aujourd’hui, il est impératif que les pays s’unissent pour le combattre et pour rétablir les équilibres. Il faut oublier les divisions politiques, religieuses.

Daech se nourrit de la lutte entre chiites et sunnites et des reliquats de la guerre d’Irak", a-t-il ajouté, soulignant qu’il faut avoir cette vision "globale" et "se mettre d’accord pour que chaque pays fasse de la lutte contre le terrorisme sa priorité numéro un".

"Nous devons prendre conscience que le monde s’est mondialisé aussi sur le plan criminel", a-t-il relevé.

Pour Abdelmalek Sellal, personne n’est à l’abri de cette organisation terroriste et de ce phénomène terroriste transnational.

"Il y a des groupes qui circulent, des djihadistes partis combattre, notamment en Syrie, qui risquent de rentrer dans leur pays d’origine", a-t-il averti, indiquant, pour ce qui concerne l’Algérie, que le nombre d’Algériens concernés serait "nettement moins important que pour d’autres pays de la région".

Il a expliqué cela par, notamment, la prise de conscience quant à ce que "nous avons vécu pendant la décennie 1990, et par la politique de réconciliation qui a été menée", ajoutant que le gouvernement algérien continue à prendre des mesures pour combattre le terrorisme.

"Mais nous avons mis un terme à ces violences. Au début, c’est vrai, par une politique du tout-sécuritaire mais qui a été suivie par une politique de réconciliation nationale prônée par le président Bouteflika et qui a donné des résultats, puisque le pays connaît depuis la stabilité", a-t-il précisé.

Par ailleurs, M. Sellal a fait remarquer que l’Algérie est frontalière de pays en "grande difficulté", signalant qu’il y a 1.000 km de frontières communes avec la Libye, plus encore avec le Mali.

"J’espère, a-t-il dit, que d’ici à la fin de l’année, nous pourrons aider à mettre en place un gouvernement de transition en Libye qui puisse s’appuyer sur une force internationale. Le 1er décembre, nous réunirons tous les pays voisins, la Tunisie, le Niger, le Tchad, le Soudan, et l’Egypte".

Le Premier ministre a insisté sur la mise en place de ce gouvernement en Libye, auquel il faudra donner des moyens pour "stabiliser le pays", sinon, a-t-il encore averti, "c’est un autre Daech qui sera aux portes de l’Europe".

"Depuis les bombardements en Syrie, certains djihadistes sont revenus en Libye", a-t-il indiqué, soulignant que l’Algérie "joue le jeu de la sécurité et de la stabilité en Méditerranée".