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L'Algérie a mis en oeuvre des projets de réduction de CO2 bien que non concernée par les obligations de Kyoto 15/12/2009

 

L'Algérie a mis en oeuvre des projets de réduction de CO2 bien que non concernée par les obligations de Kyoto 


L'Algérie a mis en oeuvre des projets dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre alors qu'elle n'a aucune obligation inscrite au Protocole de Kyoto, a-t-on souligné mardi à Copenhague auprès de la délégation algérienne relevant du ministère de l'Energie et des Mines. 

Il s'agit notamment du projet de capture et de stockage de CO2 dans un ancien gisement situé à 1.800 mètres de profondeur à In Salah, a indiqué le directeur de la Division HSE (health safety environnement) à l'Autorité de régulation et de contrôle des hydrocarbures du ministère de l'Energie est des Mines, M. Rabah Nadir Allouani, dans une déclaration à l'APS en marge de la 15e Conférence sur le climat (COP-15). 

Le CO2 qui se trouve dans le gaz produit à In-Salah est récupéré puis traité et injecté dans un gisement géologique, ce qui est une première mondiale, a expliqué cet expert, précisant que ce procédé, rare en ce son genre, permet la séquestration et le stockage du CO2 en on-shore contrairement à l'off-shore qui existe ailleurs (Europe du nord). 

L'autre projet qui date de l'année 1973 consiste en la réduction du "torchage" (brûlage) des gaz associés, le pétrole étant produit avec ces gaz (associés), a encore expliqué M. Allouani. 

Cette technique sert aussi à ne pas gaspiller cette source d'énergie non-renouvelable, amenant l'Algérie à réaliser des installations à coups de millions de dollars pour récupérer ces gaz, a-t-il ajouté. 

Selon le directeur chargé de l'environnement à l'Autorité de régulation du ministère, dans d'autres pays producteurs de pétrole quelques 25 milliards de m3 sont torchés en moyenne annuellement alors que la quantité brûlée par l'Algérie ne dépasse pas les 3 milliards m3. 

Il a souligné, en outre, que ces projets allant dans le sens de la protection de l'environnement ont été réalisés sur des fonds propres de l'Algérie. 

Les experts et négociateurs algériens mettent à profit la COP-15 afin de mettre en avant ces "actions volontaires" et faire connaître davantage ce que l'Algérie consent en matière d'efforts pour la protection de l'environnement, a-t-il dit. 

Concernant la conduite des négociations à la COP-15 et auxquelles participe le groupe de l'Energie et des Mines, elles tendent vers la défense de la position de l'Algérie et de l'Afrique, a affirmé M. Allouani. 

Dans ce contexte, il a observé que l'Algérie demeure "doublement vulnérable" par rapport aux changements climatiques, étant un pays semi-désertique qui subit les impacts négatifs des changements climatiques, relevant dans le même temps que les revenus de l'Algérie proviennent essentiellement des hydrocarbures, d'où la "nécessité" de veiller à ce que la responsabilité historique des pays développés soit maintenue. 

Cet expert a précisé que les pays développés exercent actuellement un forcing pour faire payer et partager leur "fardeau" par la création de taxes qu'ils souhaitent imposer au secteur des hydrocarbures, lequel est le premier visé. 

"L'Algérie étant membre de l'OPEP et de l'OPEAP, elle conjugue ses efforts avec les membres de ces organisations (non représentées à la COP-15) à l'occasion des réunions de coordination quotidiennes portant sur les négociations en cours et concernant les hydrocarbures", a ajouté M. Allouani.

Ainsi, les négociateurs font en sorte que les décisions pouvant être prises ne soient pas défavorables aux pays producteurs de pétrole et de gaz dont l'Algérie, d'autant plus que les pays développés "s'acharnent" à atténuer leur responsabilité historique et impliquer tous les pays pour les contraindre à mettre la main à la poche. 

Le Protocole de Kyoto prévoit que les pays développés réduisent leurs émissions de CO2 tout en apportant aide et assistance aux pays touchés par les effets des changements climatiques. Or, les grands pollueurs veulent effacer ce principe d'équité en tentant d'évoquer un nouvel accord au lieu et place du Protocole de Kyoto.