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Mali : les groupes terroristes et leurs alliés "feront tout" pour que l'accord ne soit pas appliqué (M.Lamamra) 28/10/2015

 

 

 
 
 
Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a estimé que les groupes
terroristes et leurs alliés "feront tout" pour que l'accord au Mali ne soit pas appliqué, alors qu'il commence à "porter ses fruits".

"Evidemment, il y a des défis : une économie criminelle s'est installée dans le nord du Mali, dont les tenants, alliés à des groupes terroristes, feront tout pour que cet accord ne soit pas appliqué", a-t-il précisé dans une interview
accordée au quotidien le Monde.

Cependant, le ministre s'est réjouit que les parties signataires du nord du Mali soient arrivées (début octobre) à un accord, qui constitue un "progrès important".

"Le fait que les parties signataires du nord du Mali qui étaient en confrontation ouverte (la coordination des mouvements de l'Azawad et la plate-forme) soient arrivées à un accord est un progrès important. Cela contribue à créer une atmosphère favorable à la mise en œuvre de l'accord d'Alger", a-t-il dit, indiquant que la conférence qui a eu lieu, mardi dernier à Paris (l'OCDE), et la visite d'Etat en France de président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, "montrent que l’accord commence à porter ses fruits".

A une question sur les "révolutions" arabes, le MAE a fait remarquer qu'il y a un besoin de réformes "profondes" au sein de nombreuses sociétés arabes, avouant que "cela est une donnée acceptée". 

"Que ce genre de transformations puisse épouser les caractéristiques locales, cela tombe sous le sens. Mais lorsque ces aspirations à la réforme sont instrumentalisées par des forces politiques ayant un agenda particulier, comme la mouvance salafiste, et lorsqu'elles sont mises à profit par des intérêts étrangers, c’est-là que les problèmes se posent", a-t-il rétorqué.

Citant l'exemple de la Libye, il a relevé que "la manière dont la situation a été gérée en Libye (en 2011) par la communauté internationale, dont le régime précédent a été abattu, n'a pas favorisé les efforts de ceux, y compris l'Union africaine, qui s’employaient à promouvoir une transition inclusive et pacifique".

"Cela, a-t-il dit, devrait inspirer la réflexion des uns et des autres au moment où il y a beaucoup de discussions sur la tragédie syrienne. Nous devons éviter de refaire les erreurs du passé".

A une question sur le principe de l'Algérie de ne pas intervenir en dehors de ses frontières, le ministre a rappelé à la journaliste du Monde que "c'est un principe bien établi et respecté".

"Cela ne signifie pas que l'Algérie n'a pas d'autres moyens d'action. L'Algérie a un réseau d'amitiés et elle coordonne son action tant au niveau de la diplomatie que de ses services de sécurité".