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ONU : la délégation algérienne dénonce les violations des droits de l'homme au Sahara occidental 06/10/2010

 

ONU : la délégation algérienne dénonce les violations des droits de l'homme au Sahara occidental 


La 4e Commission de l'ONU chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation a auditionné mercredi à New York les membres de la délégation algérienne qui a fortement appelé au respect des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, à l'organisation rapide d’un référendum d’autodétermination et à l'arrêt immédiat de la prédation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental. 

Cette commission, qui a examiné la situation prévalant au Sahara occidental, a ainsi auditionné les représentants algériens de plusieurs associations qui sont en l'occurrence, M. Tayeb Zitouni, maire d'Alger-Centre et vice-Président du Comite exécutif des cités et gouvernements locaux unis d'Afrique (CGLUA), M. Saïd Ayachi, vice-Président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mme Maya Sahli, juriste et professeur à l'Institut diplomatique et des relations internationales d'Alger, et M. Noureddine Benbraham, commandant des Scouts musulmans algériens (SMA). 

Dans son intervention, M. Zitouni a souligné qu'au moment où l'ONU célèbre le 50e anniversaire de la résolution 1514 votée en 1960 par son Assemblée générale et qui a ouvert par la consultation référendaire la voie de l’accession à l’indépendance à 17 pays africains, "le peuple sahraoui ne revendique rien d’autre que l’application immédiate de cette même résolution et réclame la possibilité de choisir librement son destin, sans subir aucune influence de quelque partie que ce soit". 

"C’est parce qu’elle résiste pacifiquement, à mains nues, à une politique de colonisation, à une politique de peuplement, à une politique de dépersonnalisation que la population sahraouie des territoires occupés du Sahara occidental subit quasi-quotidiennement des violations irréfutables des droits de l’homme, des violations graves dûment vérifiées et enregistrées", a-t-il dénoncé. 

''Cette situation de non-droit, qui est bâtie sur une terreur généralisée et organisée, est majorée par une spoliation effrénée, caractérisée des ressources naturelles du Sahara occidental, hypothéquant l’avenir des générations futures". 

Soulignant que le peuple sahraoui résiste pacifiquement à toutes les formes d’exactions et de tortures et que les violations caractérisées des droits de l’homme par le Maroc y sont quotidiennes, M. Zitouni a rappelé que le Front Polisario, représentant unique et légitime du peuple sahraoui, a signé avec le Maroc un cessez-le-feu officiel en 1991, sur la base d’engagements marocains à entamer la mise en £uvre du processus devant mener au référendum d’autodétermination.

"Cela fait 19 ans que les Sahraouis sont dans l’attente de l’exécution par le Maroc de ces dispositions contractuelles. Toutes les résolutions des Nations unies, notamment celles du Conseil de sécurité, reconnaissent au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination", a-t-il argumenté. 

"Nous sommes ici pour vous abjurer d’user de votre autorité pour que cessent ces violations massives des droits de l’homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental. Nous avons déjà joint notre voix à beaucoup d’autres pour réclamer l’élargissement du mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme au Sahara occidental", a-t-il clamé. 

"Face à la résistance pacifique, à mains nues, que les Sahraouis opposent à l’administration d’occupation marocaine, le Maroc a réagi de façon brutale, sauvage, par une répression fasciste, sanglante faite d’arrestations arbitraires, de bastonnades, de mises au secret, de viols, de déplacements internes de populations, d’exécutions extra-judiciaires, de disparitions forcées, de désolations de familles entières, d’enlèvements d’enfants, de chutes de personnes à partir d’hélicoptères, de tortures inhumaines", a fortement dénoncé M. Zitouni. 

"C’est pourquoi nous demandons qu’il y ait un élargissement du mandat de la Minurso dont la mission peut être aussi de veiller au respect des droits de l’homme, dans les territoires occupés du Sahara occidental", a-t-il réclamé 

La 4e Commission de l'ONU a également entendu M. Ayachi, vice-Président du CNASPS, qui a apporté des éléments d’information relatifs à la situation des droits de l’homme au Sahara occidental qu'il a qualifiée de "grave et alarmante". 

Il a ainsi cité les campagnes d’enlèvement, de détention arbitraire, de torture, de terreur, de traitements cruels, inhumains et dégradants, d’exécutions extra-judiciaires, de déplacements internes forcés des populations, d’exil forcé, de bombardements de civils avec des matières prohibées tels que le napalm et le phosphore blanc, la destruction des biens, le viol, l’avortement forcé et autres formes de violations caractérisées telles que les restrictions des libertés publiques et des droits fondamentaux. 

"Cette situation a généré une atmosphère de terreur dans toute la région, ce qui a dissuadé plusieurs victimes et témoins de rendre compte des atrocités qu’elles ont vécues", observant que beaucoup de ces violations n’ont pas encore fait l’objet d’enquêtes documentées ou d’investigations détaillées, en raison de cette atmosphère de terreur, et aussi à cause de l’embargo médiatique imposé à la région et de la chape de plomb dont l’administration marocaine a couvert tous les territoires occupés du Sahara occidental. 

"Des centaines de Sahraouis sont détenus, jugés à la suite de procès injustes et emprisonnés dans des centres de détention qui pratiquent impunément les méthodes les plus cruelles de torture physique et psychologique. L’ensemble du Sahara occidental est soumis à un siège militaire et un black-out médiatique puisque les autorités marocaines accordent très difficilement l’accès aux ONG, aux médias internationaux et aux observateurs", a-t-il rapporté devant la commission de l'ONU. 

"Les témoignages que notre association a recueilli depuis des années auprès des victimes de ces violations graves des droits de l’homme au Sahara occidental, tels que les anciens détenus ou les exilés de force, font ressortir que sont concernés par ces exactions les deux sexes et toutes les catégories sociales : étudiants, fonctionnaires, enseignants, retraités, ouvriers, commerçants, éleveurs de bétail, artisans et autres. Ils sont, sans distinction, citadins ou campagnards", a-t-il encore relevé. 

En matière d’assistance humanitaire aux 165.000 réfugiés sahraouis qui se trouvent dans la région de Tindouf, M. Ayachi a regretté que l’aide internationale soit très insuffisante. "On compte moins d’un demi dollar par jour et par personne. 

Il y a un mois à peine, le Haut commissaire aux réfugiés, M. Gutteres, qui a visité les camps des réfugiés sahraouis, a été consterné par cette situation dramatique par laquelle les réfugiées sahraouis manquent cruellement de tout", a-t-il relevé. 

Auditionné également par la commission onusienne, M. Noureddine Benbraham, commandant des Scouts musulmans algériens, a souligné que le peuple sahraoui est "victime d’injustice et les Nations unies doivent condamner le traitement brutal qui lui est infligé par le gouvernement marocain", appelant la communauté internationale à mette fin à l’impunité du Maroc, ainsi qu’à la colonisation et à l’occupation. 

Sur les violations des droits de l'homme, il a appelé aussi à la mise en place d'une commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires occupés ainsi qu'à l'activation du rôle du Haut commissariat des droits de l'homme de l'ONU. 

Pour sa part, le juriste algérienne, Mme Sahli a rappelé que le peuple sahraoui est "victime des pire violations des droits de l’homme". 

Elle a revendiqué le droit légitime à l’autodétermination et le droit du peuple sahraoui à s’ériger en Etat indépendant, soutenant que seule l’organisation d’un référendum libre et impartial permettra au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination. 

Elle a également réaffirmé que le peuple sahraoui "ne renoncera jamais à son droit à disposer de lui-même et de ses ressources naturelles".