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M. Idriss L'Algérie favorable à un traité d'interdiction des matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires 09/02/2011

 

M. Idriss L'Algérie favorable à un traité d'interdiction des matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires 


L'Algérie est favorable à l'ouverture de négociations sur un traité d'interdiction des matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires, a indiqué mardi l'ambassadeur, représentant permanent de l'Algérie auprès de l'Office des Nations unies à Genève, M. Idriss Jazaïry. 

Intervenant à la session de l'année 2011 de la Conférence sur le désarmement à Genève, M. Jazaïri a souligné que "l'Algérie est favorable à l'ouverture des négociations sur un traité sur l'interdiction des matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires ou autres dispositifs d'explosifs nucléaires, conformément au rapport Shannon CD/1299 du 24 mars 1995 et au mandat qu'il contient". 
Le rapport Shannon reprend l'accord convenu aux termes de la résolution 48/75 de l'Assemblée générale de l'ONU sur la même question. 

Il fournit les critères de négociation et les éléments d'un tel traité, qui serait non-discriminatoire, multilatéral, internationalement et effectivement vérifiable. 

Le représentant de l'Algérie a estimé, à ce sujet, que le traité recherché devrait permettre la mise en place d'une "norme juridique contraignante, no-discriminatoire et imposable à tous les Etats". 

Cette norme, a-t-il expliqué, vise à interdire la production des matières fissiles destinées à fabriquer des armes nucléaires ou autres explosifs nucléaires. 

"Le traité est censé, également, interdire les détournements vers les utilisations interdites des matières fissiles civiles ou de celles récupérées dans le cadre des mesures de réduction des arsenaux nucléaires", a-t-il ajouté. 

S'agissant de la portée du traité, M. Jazaïry a estimé que "les matières fissiles concernées par l'interdiction devraient englober toutes les matières pouvant être utilisées à des fins prohibées". 

Il a, toutefois, relevé que les matières fissiles destinées à des fins pacifiques, telles que celles servant comme combustible nucléaire ou pour les propulseurs des navires "devraient être écartées du champ d'application du traité". 

Ce traité devrait, aussi, selon le diplomate algérien, répondre à des objectifs tant de désarmement nucléaire que de non-prolifération. 

"Le traité doit s'inscrire dans le processus aboutissant à l'élimination complète des armes nucléaires", a-t-il souligné à ce sujet. 

Il a précisé que la conclusion de cet instrument est "une des mesures convenues par consensus, lors des conférences d'examen du TNP de 1995 et de 2000". 

Au-delà de l'interdiction de la production future des matières fissiles, M. Jazaïry a affirmé que ces négociations devront aborder, d'abord, les stocks des matières en question comme le permet le rapport Shannon. 

Il a préconisé, en outre, une "approche plus large" qui impliquerait la vérification des installations militaires, en plus d'un régime de garanties s'appliquant à l'ensemble des matières, activités et installations nucléaires, civiles ou militaires. 

M. Jazaïri a plaidé, dans ce cadre, pour un régime de vérification s'inspirant des dispositions du TNP, des accords de garanties subséquents et des définitions des matières fissiles figurant dans le statut de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).