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Message du président Bouteflika à l'occasion de la célébration de la journée mondiale du travail 01/05/2015

 


Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé vendredi un message aux travailleurs algériens à l'occasion de la célébration de la journée mondiale du travail, dont voici le texte intégral:

"Chers frères, Chères sœurs,

A l’instar de la communauté internationale, notre pays célèbre le 1er Mai, consacré Fête du travail si pleine de symboles pour nos travailleuses et nos travailleurs qui, après avoir apporté une contribution déterminante au combat libérateur contre le colonialisme, entreprirent la reconstruction de l’économie nationale aussitôt la souveraineté nationale recouvrée.

A cette occasion, je tiens à m’incliner une nouvelle fois à la mémoire des vaillants chouhada de la liberté, militants de l’UGTA, à leur tête le Martyr Aïssat Idir, tout comme je salue avec ferveur l’héroïsme des travailleuses et travailleurs qui, dès la première année de l’indépendance, ont engagé la bataille de la reconstruction nationale dans tous les secteurs, avec des moyens dérisoires, mais avec une foi inébranlable dans l’avenir de l’Algérie.

Travailleuses, travailleurs,

Les années écoulées depuis ont été jalonnées d’importantes réalisations accomplies, grâce aux efforts de toute la collectivité nationale, et qui se sont traduites également par des avancées significatives y compris dans la promotion des droits et acquis sociaux.

Ainsi, les travailleuses et les travailleurs ont bénéficié d’importants acquis suite aux revalorisations successives de leurs salaires aussi bien dans le secteur économique que dans celui de la fonction publique. Les pensions et allocations de retraite ont également connu une évolution régulière suite aux augmentations opérées, dans le cadre de la loi ou à titre exceptionnel.

Le système national de protection sociale a été consolidé récemment par la promulgation de la nouvelle loi relative aux mutuelles sociales qui institue la retraite complémentaire au bénéfice de leurs adhérents, ce qui permettra à tout travailleur d’avoir la possibilité d’augmenter son revenu à l’âge de la retraite.

S’agissant du dialogue social, je me félicite de la constance et de la qualité de la concertation traditionnelle entre le Gouvernement et les partenaires socio-économiques qui fut couronnée, en février 2014, par la conclusion du pacte économique et social de croissance, lequel est devenu, depuis, une référence en matière de partenariat stratégique autour d’objectifs et d’actions à mener, en commun, pour assurer le développement du pays.

Je voudrais, à cette occasion, saluer chaleureusement l’UGTA, ainsi que les organisations patronales et les féliciter pour leur engagement et leur persévérance dans la consolidation de la culture du dialogue.

Je saisis également l’opportunité que m’offre la Fête du travail pour inviter tous les travailleurs et travailleuses à continuer à œuvrer à la concrétisation de ce pacte qui vise, notamment, à affermir la bonne gouvernance, à renforcer les capacités nationales de gestion du développement durable et à accélérer le processus de réformes économiques afin d’impulser le développement du pays.

A cet effet, des résolutions ont été prises et se sont traduites par la mise en place d’un cadre approprié pour le développement des investissements, l’appui à l’entreprise et l’encouragement des partenariats Public-Privé national dans différents domaines d’activités.

Travailleuses, travailleurs,

Au-delà de la sphère à laquelle s’applique le pacte économique et social de croissance, tous les autres domaines d’activités ont connu également une évolution significative grâce aux efforts des travailleuses et travailleurs et aux volumes d’investissements publics importants dont ils ont bénéficié, sans discontinuer, depuis quelques années.

Dans le domaine de l’agriculture, la mise en œuvre du plan national de développement agricole et du Plan national du développement du renouveau rural s’est traduite par une redynamisation et une diversification de la production à travers l’extension des surfaces exploitées, la mise en valeur de nouveaux espaces dans les régions des hauts plateaux et du sud du pays, et la revivification des zones rurales.

Dans le domaine de l’industrie et des services, le dispositif d’encouragement des investissements a permis d’amorcer le renouveau des filières de la sidérurgie, de la mécanique et de l’industrie agro-alimentaire d’une part, et de créer un nombre important de petites et moyennes entreprises dans les différents créneaux d’activités d’autre part, élargissant ainsi le tissu industriel national et générant de nouveaux et  nombreux emplois destinés, notamment, aux jeunes.

S’agissant du développement humain, tous les indicateurs, tels que l’espérance de vie, le taux de scolarisation, le taux de raccordement des ménages aux réseaux publics de l’eau, de l’électricité et du gaz naturel, ont connu un accroissement remarquable. Les résultats obtenus permettent, ce faisant, à notre pays d’afficher de nombreuses réalisations des objectifs du millénaire en matière de développement humain, bien avant l’échéance fixée.

Travailleuses, travailleurs,

L’économie mondiale vit aujourd’hui de profondes mutations qui remettent en question les positions acquises. Mais dans le cas de l’Algérie, ces mutations peuvent, au contraire, ouvrir des perspectives de création de richesses dont l’industrie demeure, précisément, l’une des sources privilégiées. C’est le rôle qui est conféré à notre industrie nationale, qu’elle soit publique ou privée, pour donner corps à cette ambition, en valorisant les facteurs clés de succès qui résident, d’abord et avant tout, dans la stabilité du cadre juridique et institutionnel ainsi que dans la détente du climat social.

L’industrie apparaît comme un puissant vecteur de création de richesses à même d’entraîner notre économie dans son ensemble, de développer l’employabilité et de diffuser la prospérité. Dans ce sens, trois leviers seront actionnés, à savoir la diversification et le développement de la production nationale, l’encouragement de l’investissement et, enfin, l’amélioration du climat des affaires.

Dans cette optique, l’impulsion de l’entreprise, placée au coeur de ces actions, bénéficie de toute notre attention.

Mais, dans le même temps, il faut que nos entreprises soient performantes, que notre système productif soit moderne et qu’il puisse intégrer l’innovation comme source principale des  gains de compétitivité et d’avantages comparatifs.

Nous sommes en mesure d’enclencher ce cercle vertueux en comptant notamment sur l’engagement de nos travailleurs et de tous les partenaires socio-économiques, mais aussi en réalisant des synergies avec les centres de recherches relevant, à la fois, des entreprises et des universités.

La promotion de la production nationale ne va pas sans l’amélioration simultanée de la compétitivité et de la qualité des produits nationaux, tout en veillant à ce que le principe de la préférence nationale prévale, rigoureusement, et conformément aux lois en vigueur, notamment dans les commandes publiques.

Dans cette démarche, la priorité sera accordée aux activités de valorisation des ressources naturelles comme elle consistera aussi à encourager l’intégration et les remontées de filières.

La promotion de la production nationale nécessite également une réelle politique d’incitation et de soutien à l’innovation et à la libération des énergies.

Dans cette optique, nous nous attacherons à créer, pour notre jeunesse, les conditions et les moyens qui lui permettront de prendre des initiatives, d’entreprendre et d’être à même d’apporter sa contribution à l’édification du pays fondée sur la connaissance, la rigueur dans le travail et la création de richesses.

Travailleuses, travailleurs,

La politique que nous avons menée, avec détermination, pour lever l’hypothèque de la dette extérieure et mettre en place des mécanismes efficaces d’accumulation et de gestion des réserves de change, permet à notre pays de disposer, aujourd’hui, d’une marge de manœuvre de nature à atténuer l’impact de la crise du marché mondial pétrolier et de la contraction de nos ressources extérieures.

Il nous faut donc garder, constamment, en ligne de mire la nécessité absolue de préserver cette latitude pour que nous puissions poursuivre, sans rupture, notre marche vers le développement de notre pays et le bien-être de notre nation.

Dans cette optique et s’agissant du monde du travail, je voudrais souligner que la Fête du 1er Mai est une occasion appropriée qui nous rappelle à nos devoirs pour lever les contraintes et défis que nous impose la conjoncture économique et sociale du pays.

A cet égard, une double exigence doit requérir, de nous tous, une attention soutenue, la première étant liée aux performances de l’appareil national de production, et la seconde au challenge lancé depuis quelques années, pour faire prospérer davantage les immenses territoires des hauts plateaux et du Sud du pays.

Pour répondre à la première exigence, il ne fait aucun doute que l’UGTA est en mesure d’apporter, en collaboration avec les institutions concernées, une contribution décisive à la préservation et à la promotion de l’outil national de production constitué à la fois par les entreprises publiques et par celles relevant du secteur privé pour créer davantage de richesses et d’emplois. L’UGTA qui milite, depuis longtemps, pour cet objectif crucial, doit continuer à l’inscrire parmi ses priorités dans la mission qu’elle s’est assignée et qu’elle remplit, avec responsabilité et engagement, grâce à sa capacité de mobilisation des travailleurs et à la grande audience dont elle peut, légitimement, se prévaloir auprès des employeurs et des pouvoirs publics. L’UGTA constitue tant avec les uns qu’avec les autres, un partenaire incontournable dans le cadre de la mise en œuvre du pacte économique et social qui apporte une contribution indiscutable à la stabilité du monde du travail et, partant, à celle du pays.

La solution d’avenir, personne n’en disconviendra, passe incontestablement par une politique résolue visant d’une part, à concentrer nos efforts sur l’élargissement substantiel de l’offre nationale et, d’autre part, sur une amélioration significative de la productivité du travail.

L’offre nationale s’est en effet beaucoup contractée au fil des années alors que la demande globale de tous les agents économiques et sociaux a considérablement augmenté entraînant un recours sans cesse croissant aux importations de biens et de services, de toute nature, financées grâce aux recettes d’hydrocarbures. Cette situation devra être progressivement mais rapidement redressée.

L’urgence est en effet à la reconquête du marché intérieur, ce qui constitue la meilleure voie qui puisse garantir une croissance saine et durable, et qui renforcera, sans nul doute, nos capacités à investir les marchés étrangers.

Travailleuses, travailleurs,

Sachant que l’UGTA célèbre cette année la fête du travail à El Oued, je voudrais la charger d’y porter mon salut, mon affection et mon respect à tous nos compatriotes des wilayas du Sud du pays. Tous les Algériens n’oublient pas la résistance héroïque de nos compatriotes du Sud pour faire échouer les projets visant à détacher le Sahara algérien du reste de notre patrie indivisible.

Pour avoir personnellement partagé la foi et l’héroïsme de nos compatriotes du Sud durant la lutte de libération nationale, je suis profondément convaincu que nos jeunes générations qui, à travers les wilayas du Sud du pays, ont des attentes sociales aussi légitimes que leurs frères dans le Nord du pays, sauront également opposer le même patriotisme que leurs aînés à toutes les sirènes de la division des rangs du peuple algérien pétri et uni par les souffrances de ses résistances séculaires et de sa lutte héroïque pour l’indépendance.

S’agissant de l’exigence pressante liée au développement des régions des hauts plateaux et du Sud du pays où le 1er Mai doit autant fleurir que partout ailleurs, l’UGTA peut également jouer, grâce à l’esprit responsable et engagé des ses militants, un rôle déterminant dans l’accompagnement du processus engagé comportant des programmes conséquents de réalisation de projets dans tous les domaines d’activités.

De fait, les efforts de l’Etat pour renforcer les infrastructures et le développement humain dans tous ses aspects à travers les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, seraient insuffisants s’ils n’étaient accompagnés d’une création de richesses et d’emplois à la mesure des capacités que recèlent ces régions et des attentes que nourrissent notamment nos jeunes en quête de travail, de valorisation de leurs connaissances et de leurs compétences et, partant, de leur insertion sociale.

J’invite donc l’UGTA à associer ses efforts à ceux des Pouvoirs Publics et de la société civile pour promouvoir, à travers les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, le développement de tous les secteurs économiques, y compris l’agriculture et le tourisme.

Nul doute que l’UGTA saura, de concert avec le Gouvernement et les associations patronales, faire du développement accru des wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, un des objectifs de leurs délibérations tripartites et l’une des finalités du pacte économique et social de croissance.

Chers frères, Chères sœurs,

Pour chacun d’entre nous, le 1er Mai rappelle, non seulement les sacrifices des travailleuses et travailleurs algériens pour l’édification d’une économie nationale indépendante et prospère, mais il réveille, en même temps, en nous, le souvenir de leur combat héroïque pour sauver l’outil de production et permettre à notre économie de résister, au côté de tous ceux qui sont restés debout, aux plus violents périls qui ont mis en danger l’Etat républicain et fait subir à toute la nation une véritable tragédie nationale.

A cette occasion, je m’incline à la mémoire des Chouhada du devoir national y compris parmi nos travailleuses et travailleurs dont Abdelhak Benhamouda reste, à jamais, l’exemple et le symbole.

Cette Fête du travail m’offre enfin l’occasion d’exprimer ma considération et mon admiration à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs algériens pour leurs efforts considérables et de réitérer mon engagement d’œuvrer sans cesse pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des citoyennes et des citoyens".