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Allocution de Monsieur le Ministre Ramtane LAMAMRA devant la Conférence Nationale sur le Commerce Extérieur 30/03/2015

  

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Honorable assistance,

 

Permettez-moi, tout d'abord, de féliciter mon collègue et ami, Monsieur le Ministre du Commerce Amara BENYOUNES pour l'organisation de cette Conférence et pour son importante intervention. L’opportunité du thème qui nous réunit aujourd'hui, à savoir le commerce extérieur et les moyens de promouvoir nos exportations, s’impose assurément de lui-même. Il s'agira, en effet, durant ces deux journées de nous entretenir des voies et moyens susceptibles de mieux exploiter les atouts de notre pays en matière de possibilités d'échanges commerciaux avec le reste du monde dans un contexte économique mondial présentant  de nombreux défis.

 

Après l’important discours d’orientation de Monsieur le Premier Ministre sur la problématique de la mise en place d'une véritable stratégie nationale sur le commerce extérieur, il me plait d’indiquer que  l'action de la diplomatie algérienne concourt, tout naturellement, à la réalisation du programme du Gouvernement et aux objectifs de développement de notre pays.

 

A ces fins, le Ministère des Affaires Etrangères a fait de la diplomatie économique un instrument de promotion du commerce extérieur. Nombre de mes collègues, dans leurs différentes fonctions, sont aujourd'hui présents avec moi pour participer aux débats et expliquer comment au niveau de l’administration centrale et du réseau diplomatique et consulaire, tout le secteur s’investit pleinement pour mettre en œuvre cette diplomatie économique. En effet, un ensemble de moyens adaptés est mobilisé pour promouvoir et soutenir l’économie nationale. C’est dire que le Ministère des Affaires Etrangères se met résolument au service des entreprises algériennes en tant qu’agents économiques producteurs de richesses et générateurs d’emplois.

 

La diplomatie économique est appelée à être une composante essentielle de notre stratégie nationale du commerce extérieur qui répond elle-même  aux impératifs des mutations globales des relations économiques internationales. En effet, depuis les années 90, le monde s’est tourné vers l’économie de marché et a enclenché son homogénéisation autour du libéralisme des échanges générant ainsi ce qui est communément appelé la mondialisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est aisé d’observer que la globalisation a multiplié les flux des échanges internationaux et régionaux de marchandises et de services et imposé une régulation du processus de leur expansion par la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), et la conclusion de multiples accords  commerciaux bilatéraux ou régionaux donnant ainsi une nouvelle physionomie aux relations commerciales internationales.

 

 

Il faut savoir qu’environ 97% du commerce mondial s’effectue, de nos jours, entre les pays membres de l’OMC. D’autres échanges s’inscrivent dans le cadre des intégrations régionales et participent à la promotion de la libéralisation et l’expansion des échanges et du développement. Ce système commercial multilatéral et régional qui revendique les vertus de l’ouverture a généré, entre autres, l’harmonisation des règles du commerce international et la mise en place de conditions avantageuses d'accès aux marchés.

 

 

Cette dynamique a facilité, au cours des dernières décennies,      l’intégration de plusieurs pays en développement  au marché mondial, grâce à la croissance de leurs exportations et à la diversification de leurs économies, ce qui a contribué à l’accroissement de l’investissement, l’innovation et la réduction de la pauvreté.

 

C’est ainsi que plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine ont réussi à s’imposer sur les marchés des pays industrialisés grâce à leur avantage comparatif  en matière de coûts salariaux et à une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. Ils ont exporté des biens manufacturés à haute valeur ajoutée et leur développement s'est fait sans endettement excessif.

 

          D’autres pays du Sud, de plus grande envergure, tels que la Chine, le Brésil, l’Inde et l'Afrique du Sud, ont su encore mieux tirer profit de cette conjoncture et de leur intégration croissante aux marchés mondiaux pour s'imposer en tant que géants économiques.

 

Mesdames et Messieurs,

 

 

Il n’est nul besoin de rappeler que l'Algérie, à  l'instar des pays que j’ai cités, a vocation à s'intégrer au marché mondial et à participer à la consolidation d’un système commercial international qui soit juste, équilibré et transparent. C'est, ainsi, qu’ayant exprimé, dès son indépendance, son intérêt à y participer, elle a obtenu le statut d’observateur au GATT,  le 18 décembre 1962. Grâce à ce statut, notre  pays a participé aux différents rounds du GATT, dont l’Uruguay round qui a débouché sur la création de l’Organisation Mondiale du Commerce, en  1995.

 

Dans ce contexte, force est de reconnaitre que les négociations sur l’accession de l’Algérie à l’OMC tardent à se conclure. Cet état de fait est dû à l’importance des enjeux stratégiques que représente cette adhésion pour notre pays et à la complexité des questions d’adaptation de notre corpus législatif et réglementaire aux normes et règlements de l’OMC. Entretemps des progrès significatifs ont été accomplis en ce sens. Il reste entendu que ces efforts s’accompagnent présentement d’une action diplomatique dynamique, à même de mieux véhiculer notre volonté politique de rejoindre cette Organisation et d’assumer nos droits et obligations découlant de la qualité de membre. Le secteur des Affaires Etrangères s’emploie à concrétiser, de concert avec le Ministère du Commerce, cette démarche internationale volontariste.

 

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une bonne stratégie de commerce extérieur permettra à notre pays de maximiser les opportunités commerciales aussi bien au plan multilatéral que régional. La position géostratégique de notre pays en Afrique, en Méditerranée et son appartenance au Monde Arabe sont autant d’atouts qui font de lui un acteur incontournable dans différents projets d'intégration régionale. Je citerai l'Accord d'association avec l'Union Européenne, l'Accord européen de Libre Echange, l'Union du Maghreb Arabe, la Communauté économique Maghrébine, la Grande Zone Arabe de Libre Echange, l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine, et la Zone Continentale Africaine de Libre Echange.

 

Dans cette vaste entreprise d'élargissement de notre espace commercial, l’Algérie doit s'assurer que sa stratégie se fonde sur une vision à long terme de ses objectifs de développement et tenir compte des réalités de l'ouverture commerciale. Elle doit cerner ses enjeux afin de mieux préparer le pays à affronter les défis inhérents à cette démarche et à tirer profit des opportunités que lui offrent l'ouverture  commerciale, la diversification de l'offre et la diversification de ses partenaires. L’essentiel de ce chantier est de concentrer nos efforts sur une logique d’action en libérant les initiatives et en optimisant l’impact des synergies que l’économie nationale peut avantageusement mettre en mouvement.

 

Mesdames et Messieurs,

A ce stade, je voudrais mettre en évidence la centralité du rôle et de la responsabilité du Ministère des Affaires Etrangères dans le domaine  névralgique de la représentation et de la promotion des intérêts économiques de notre pays à l'étranger. Ce Département est, en effet, institutionnellement en charge, sous la direction de Monsieur le Président de la République, de la mise en œuvre et de la préservation de la cohérence de l'action extérieure de l'Algérie, dont la dimension économique et commerciale est une partie intégrante essentielle.

 

 

Plus concrètement, le Département ministériel, que j’ai l’honneur d’animer, met en œuvre, dans le cadre de ses attributions statutaires, un plan d’action comportant plusieurs volets visant à accompagner les efforts de parachèvement de l'ancrage de l'économie nationale à l'économie mondiale :

 

1-    C'est ainsi que le Ministère s'est doté d'une « Direction Générale des Relations Economiques et de la Coopération Internationale (DGRECI) », chargée des questions multilatérales d'ordre  économique, financier et commercial. Cette structure comporte en son sein la « Direction de la promotion et du soutien aux échanges économiques » qui s’occupe notamment :

 

-      de promouvoir des échanges commerciaux internationaux de l’Algérie;

-      de contribuer à la mise en œuvre de la politique de soutien et de    promotion des exportations hors hydrocarbures;

-      de fournir l’information et les analyses économiques nécessaires à la pénétration des marchés extérieurs et de soutenir les entreprises algériennes dans leurs efforts en ce sens;

-      d’élaborer des notes de conjoncture en matière de commerce international à l’intention des entreprises et des institutions algériennes;

-      d’être à l’écoute des opérateurs économiques nationaux, publics et privés, et de leur faciliter l’établissement de contacts d’affaires avec des partenaires étrangers avec l’aide de nos missions diplomatiques et consulaires.

 

 

2-  Le Ministère a renforcé précisément nos représentations                       diplomatiques à l'étranger avec un personnel qualifié à même de mener les activités relatives à la diplomatie économique. L’Institut Diplomatique des Relations Internationales dispense, d’ailleurs, dans le cadre de la formation des jeunes diplomates algériens un enseignement spécialisé aux fonctions économique et commerciale.

 

 

3-  De leur coté, les nouveaux Chefs de postes diplomatiques et consulaires, au titre du mouvement de 2015, ont participé en janvier et février derniers, avant de rejoindre leurs postes, à un séminaire qui a été animé par des communications sectorielles, notamment celles de membres du Gouvernement dont le Ministre du Commerce, le Directeur Général de l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement et du Président du Forum des Chefs d’Entreprises.

 

 

4- Mon département ministériel participe, d’autre part, régulièrement à l’organisation de foires et d’expositions à l’étranger en vue de faire connaître le produit national, mais aussi à des actions d’attraction des investissements directs étrangers permettant un transfert technologique et de savoir-faire, ce qui contribue à améliorer la compétitivité de nos produits à l’international.

 

5- Le Ministère organise, aussi, par le biais des représentations diplomatiques et en collaboration avec les différents intervenants nationaux et étrangers, des ateliers et rencontres d’hommes d’affaires. Des Conseils d’affaires existent d’ailleurs avec un bon nombre de pays tels que les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Japon et la France. De même, des journées d’information sont organisées sur les potentialités de notre économie nationale, et ce, dans l’objectif d’attirer les investissements directs étrangers et de promouvoir les échanges commerciaux internationaux de notre pays.

Enfin, dans le cadre du déploiement de notre diplomatie économique, j’ai le plaisir d’annoncer que le Ministère des Affaires Etrangères compte organiser prochainement une réunion avec les chefs d’entreprises algériennes. Les structures centrales et les services extérieurs de la diplomatie algérienne travailleront d’arrache-pied à la réunion des conditions de succès du grand rendez-vous économique et commercial Algérie-Afrique qui aura lieu avant la fin de cette année et qui regroupera des opérateurs de tout le Continent.

Je saisis cette occasion pour attirer l’attention sur le gisement que représente la communauté algérienne à l’étranger. Nul n’ignore que nombre de nos compatriotes ont réussi dans les affaires et gère des entreprises performantes. Il y a lieu donc d’explorer les possibilités de  les impliquer dans nos échanges économiques avec leurs pays d’accueil. Une action spécifique sera conduite à cette fin en leur direction.

 

Mesdames et Messieurs,

 

D’un point de vue stratégique, la diplomatie algérienne œuvre à la diversification des partenaires de l’Algérie car plus de 80% de nos exportations sont destinées aux pays de l’OCDE, tandis que nos exportations vers les pays du Sud n’en représentent qu’un faible pourcentage. Ainsi, mon Département s’attelle à établir des relations économiques et commerciales portées par une volonté d’équilibre par le haut.

 

 

 

 

 

 

Cet objectif est parfaitement conforme aux recommandations de la dernière réunion ministérielle des pays non-alignés et du Groupe des 77 qui se sont tenues en mai dernier à Alger et qui ont appelé au renforcement de la coopération Sud-Sud.

 

Dés lors, un redéploiement de notre commerce extérieur vers les pays émergents et en voie de développement, devient plus qu’une nécessité, compte tenu du dynamisme économique de ces pays, pour réaliser le potentiel propre de l’Algérie. Il suffit d’avoir à l’esprit le fait que  nos exportations vers l’Afrique subsaharienne ne constituent que 0,15% du total de nos exportations, alors que ce marché de plus de 1 milliard  d’habitants est à la portée de nos entreprises et proche de nos frontières pour se convaincre des opportunités s’ouvrant à notre pays qui assume pleinement son identité africaine et contribue activement au règlement de conflits et crises, tout comme il est redevenu le promoteur des causes africaines auprès des institutions multilatérales et des grandes puissances économiques. Des schémas novateurs de partenariat triangulaire, avec un rôle moteur pour l’Algérie, doivent trouver leur juste place dans la stratégie nationale des exportations.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Cette contribution n’a pas l’ambition d’épuiser ce vaste sujet de la diplomatie économique. Les cadres supérieurs du Ministère des Affaires étrangères, présents ici en qualité et en nombre, apprendront davantage de vous pour mieux servir l’économie nationale. Ensemble, nous tisserons sur l’immense capital de crédibilité dont bénéficie l’Algérie à l’étranger et sur les vastes réseaux d’amitiés et d’affinités qui sont les siens, la trame d’un commerce extérieur dynamique et se hissant au diapason des grandes capacités de l’économie nationale.

 

 

 

Je vous remercie de votre aimable attention.