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L'Algérie appelle à lancer les négociations pour l’élimination complète des armes nucléaires 02/03/2015


Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a réitéré lundi à Genève un appel au lancement des négociations pour l’élimination complète des armes nucléaires dans le cadre d’un programme échelonné et selon un calendrier précis débouchant sur une Convention opposable à tous.

"Je voudrais réitérer l’appel lancé par la Conférence ministérielle du Mouvement des pays non-alignés tenue, en mai dernier, à Alger, en vue du lancement des négociations pour l’élimination complète des armes nucléaires dans le cadre d’un programme échelonné et selon un calendrier précis débouchant sur une Convention opposable à tous", a indiqué M. Lamamra dans une allocution au segment de haut niveau de la Conférence du désarmement.

Il a exhorté les Etats dotés de l'arme nucléaire "d’agir conformément à la responsabilité particulière qui est la leur pour donner un effet concret aux dispositions de l’article VI du TNP relatif au désarmement nucléaire et conformément aux engagements souverainement pris, en particulier celui de procéder à l’élimination totale de leurs arsenaux nucléaires".

"Ce n’est qu’en prenant de telles mesures et en abandonnant les doctrines de destruction mutuelle que les puissances nucléaires pourraient nous démontrer leur volonté réelle de jeter les bases d’une sécurité partagée et d’un monde débarrassé de l’hypothèque d’une autodestruction assurée", a-t-il ajouté.

Pour M. Lamamra, dans un tel contexte, la conclusion d’un Traité sur l’interdiction de la production des matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires "aurait tout son sens, tout comme serait alors possible une prise en charge appropriée de la question des stocks de matières fissiles".

Le chef de la diplomatie algérienne a relevé que le Traité sur I'interdiction complète des essais nucléaires "avance très lentement vers l’universalité", estimant que l'entrée en vigueur de cet instrument serait "une contribution certaine" au désarmement et à la non-prolifération nucléaires.

"L’Algérie lance un appel pressant pour que ce Traité soit ratifié par les Etats qui ne l’ont pas encore fait", a-t-il affirmé.

Pour l'Algérie, a-t-il dit, "une avancée significative en matière de garanties négatives de sécurité, à travers la conclusion d’un instrument international juridiquement contraignant, demeure impérative pour mettre à l’abri les Etats non dotés de l’arme nucléaire contre l’emploi ou la menace d’emploi de ces armes".

"Une autre préoccupation nous vient de l’espace extra-atmosphérique qui revêt un enjeu particulier pour la sécurité internationale", a-t-il indiqué, ajoutant qu'"il est de notre intérêt à tous d’assurer les conditions nécessaires pour une utilisation pacifique de cet espace".

Rappelant la "pertinence" et la "validité" du Traité de 1967 sur l’espace extra-atmosphérique, il a estimé que le projet de Traité proposé par la Chine et la Russie sur l’interdiction de la pose d’armes dans l’espace, ainsi que le code de conduite sur les activités dans l’espace proposé par l’Union européenne, "constituent des pistes susceptibles de nous permettre de progresser avantageusement sur cette question".

Concernant la Conférence du désarmement, le ministre a indiqué que l’Algérie attache une "grande importance" à cette instance, en tant qu’"unique cadre multilatéral de négociation dans le domaine du désarmement".

"La Conférence du Désarmement, de par son mandat, demeure l’organe approprié pour prendre en charge l’ensemble des défis que je viens d’évoquer", a-t-il relevé, ajoutant que "c’est pour cette raison que nous nous préoccupons de l’impasse dans laquelle elle se trouve".

Pour lui, "une telle impasse nuit dangereusement à la crédibilité, la pertinence et l’utilité des travaux de la Conférence du Désarmement et, partant, au multilatéralisme dans ce domaine vital pour l’humanité".

M. Lamamra a réaffirmé, dans ce contexte, l’engagement de l'Algérie "à participer à toute initiative qui viserait à asseoir les bases solides et durables de notre aspiration commune à la paix, à la sécurité et à la stabilité".

Il a appelé ainsi à une coopération au service d’"une sécurité collective, fondée sur les principes de la Charte des Nations Unies".

L’Algérie s’est attelée à adhérer à tous les instruments de désarmement

M. Lamamra a indiqué que l’Algérie, qui s’est attelée "à adhérer" à tous les instruments de désarmement et de non-prolifération d’armes de destruction massive, est également "+Partie+ à la quasi-totalité des instruments liés aux armes conventionnelles et aux droits humains et humanitaires".

Il a annoncé à cette occasion que l'Algérie "vient de ratifier la Convention sur certaines armes conventionnelles" et "souscrit également à toutes les initiatives multilatérales de lutte contre le terrorisme et participe activement au processus visant à assurer la promotion des mesures de sûreté et de sécurité nucléaires".

M. Lamamra a affirmé que l’Algérie participe "concrètement à la prévention, à la gestion et à la résolution des conflits", indiquant qu'"elle mène avec succès, en tant que chef de file d’une équipe internationale, une médiation entre le Gouvernement malien et les mouvements politico-militaires du Nord du Mali pour promouvoir une solution pacifique qui servirait autant les intérêts nationaux de ce pays que ceux de toute la région du Sahel".

"L’adoption d’une feuille de route et la signature d'une déclaration pour renforcer la confiance et consolider le cessez-le-feu sur le terrain ont permis de parvenir à +l’Accord cadre de paix et de réconciliation nationale+ qui a été paraphé le 1er mars dernier à Alger", a-t-il rappelé.

"Dans le même esprit, l’Algérie oeuvre avec détermination, avec d’autres acteurs de bonne volonté, à faire taire les armes et à favoriser un dialogue inclusif et une solution politique à la crise libyenne en vue de la restauration d’une paix durable dans ce pays frère et de la préservation de son unité et intégrité territoriale", a-t-il fait savoir.