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L'Algérie "convaincue" que le dialogue est le "seul moyen" de résoudre la crise libyenne 19/02/2015

 


L'Algérie demeure "convaincue" que la voie du dialogue et la réconciliation nationale reste le "seul moyen" pour régler la crise en Libye, a indiqué mercredi à New York, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

"Nous restons totalement et entièrement convaincus que c'est seulement par le dialogue et la réconciliation nationale que les différentes parties libyennes pourront dépasser la grave crise qui les affecte avec toutes les conséquences que cela pourrait entraîner dans toute la région", a souligné M. Messahel lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à l'examen de la situation en Libye.

"Je ne peux que dire, de nouveau, que cette solution tant désirée et je crois qu'il ne peut y avoir la moindre divergence là-dessus, ne peut venir que des Libyens eux-mêmes et pour la Libye", a-t-il précisé, tout en rappelant que "le devoir de la communauté internationale étant d'apporter tous les moyens politiques et diplomatiques pour accompagner, encourager et favoriser cette voie sans égal".

Suite à la dégradation de la situation en Libye, le ministre délégué a fait part de la "préoccupation majeure" de l'Algérie, "à la fois pour la restauration rapide de la stabilité du pays, mais également pour la paix et la sécurité régionale et internationale".  

"Plus que jamais, ces développements interpellent notre conscience et nous poussent à consentir davantage d'efforts pour aider et encourager les Libyens à s'engager dans le dialogue en reconstruisant leur unité, leur cohésion nationale et à bâtir en dernier ressort leur consensus national sur des objectifs communs, avec l'aide de la communauté internationale", a fait valoir M. Messahel.

Il a réitéré, à cet effet, l'engagement de l'Algérie à "continuer d'£uvrer, notamment au travers des efforts et de l'action menés au nom de l'ONU par Bernardino Léon, à l'émergence de cette solution politique consensuelle qui préserve l'unité, l'intégrité territoriale du pays et la cohésion du peuple libyen et qui ouvre la voie à la mise en place des institutions nationales que les libyens voudront se doter".

"Par devoir de solidarité envers le peuple libyen, mais aussi par parce que la stabilité de la Libye nous concerne directement comme l'ensemble des pays voisins, l'Algérie a initiée et s'est associée pleinement et avec conviction aux efforts des pays voisins, à ceux de l'Union africaine ainsi qu'à ceux de la communauté internationale visant à accompagner les frères libyens sur la voie du dialogue et de la réconciliation", a-t-il souligné.

Il a rappelé également que "c'est aussi à la demande des frères libyens, que l'Algérie continue à déployer ses efforts  dans la discrétion qu'impose ce genre de situation pour rapprocher les points de vue des parties et préparer les conditions d'un dialogue inclusif, qui bien évidement, sera ouvert à tous ceux qui rejettent la violence et le terrorisme", saluant le "travail accompli par le Groupe des pays voisins de la Libye". 

"L'Algérie, qui assume la responsabilité de coordination de sa commission des Affaires sécuritaires, s'acquitte de cette responsabilité avec foi et détermination" a-t-il expliqué.

M. Messahel a précisé également que l'Algérie "continue d'encourager M. Bernardino Léon pour qu'il poursuive ses efforts et sa démarche en vue de réunir l'ensemble des parties".

Il a noté, d'autre part, que la tenue des pourparlers de Ghadamès I et Ghadamès II et ceux de Genève "sont emblématiques de l'existence, en dernier ressort, d'une volonté que nous croyons sincère, de ces parties pour rechercher entre elles la solution politique".

"Nous nous réjouissons que lors du dernier round du dialogue inter-libyen de Ghadamès II, les différentes parties de la crise libyenne se sont engagées à établir un agenda pour former un gouvernement d'union nationale", a indiqué M. Messahel, soulignant qu'il s'agit d'une "étape cruciale et nécessaire". 

Il a exprimé, à cet effet, la "conviction que la formation d'un gouvernement d'union nationale pourra, dès lors, affirmer, aux yeux des Libyens, la pleine souveraineté libyenne en requérant légitimement l'aide et l'appui, sous toutes ses formes, de la communauté internationale et du Conseil de sécurité". 

"La constitution de ce gouvernement d'unité nationale serait, de notre point de vue, le meilleur gage dans la lutte contre le terrorisme qui se nourrit du chaos et de la faiblesse des institutions étatiques", a-t-il soutenu.

Il a précisé que "l'Algérie y apportera, pour sa part, sa pleine contribution".

"Nous réaffirmons solennellement notre engagement à poursuivre les  démarches avec les pays du voisinage et les acteurs internationaux pour parvenir à une solution politique qui garantisse le retour de la sécurité et de la stabilité dans ce pays frère et favorise l'édification d'un Etat avec des institutions fortes et capables de relever les défis, y compris ceux de l'éradication du terrorisme et de toutes les formes d'extrémisme", a-t-il assuré. 

L'Algérie "réitère également son engagement à apporter toute l'aide nécessaire pour l'établissement et le renforcement des institutions publiques libyennes unifiées, et nous le ferons avec toutes les bonnes volontés internationales en accord avec les autorités libyennes", a-t-il précisé. 

"L'Algérie forme l'ardent vœu pour que cette unité de la nation libyenne puisse se reconstituer dans les meilleurs délais", a-t-il indiqué, ajoutant que le peuple libyen "l'exige, les pays voisins l'attendent et je crois pouvoir dire que c'est l'espoir de toute la communauté internationale comme en témoigne notre réunion d'aujourd'hui".

"Nous n'avons pas le droit de faillir dans cette mission et nous avons le devoir de regarder avec sincérité, lucidité et tirer tous les enseignements du passé", a poursuivi M. Messahel. 

"Cette mission, a-t-il rappelé, est exigée de nous par chaque réfugié, chaque déplacé et la mémoire de toutes les victimes du terrorisme et de la violence aveugle. Ce sont l'ensemble des peuples de la région qui exigent de nous aussi de ne pas faillir et de travailler ensemble pour une Libye unie et vivant en paix avec tous ses enfants", a-t-il ajouté, soulignant que "l'Algérie fera tout pour y contribuer, avec toute sa ténacité et sa détermination".        

M. Messahel a exprimé, par ailleurs, ses "remerciements au président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur Liu Jieyi, pour avoir bien voulu organiser ce briefing sur la situation en Libye, ainsi qu'à l'ensemble des membres du Conseil pour nous avoir permis de partager avec eux l'évaluation et les appréciations de l'Algérie sur une question si cruciale et déterminante pour la sécurité et la stabilité d'un pays frère et voisin, mais aussi pour la paix dans toute la région et au-delà", a-t-il dit.

"Je voudrais aussi remercier et dire toute l'estime que nous portons au Représentant spécial du secrétaire général pour la Libye, Bernardino Leon, pour son abnégation, son engagement, ainsi que le rapport qu'il nous a fait au début de cette séance", a-t-il ajouté.

Le ministre délégué à salué également la présence des ministres égyptien et libyen des Affaires étrangères, MM. Sameh Shoukry et Mhamed Dairi.

Rappelant l'"horreur" qu'a suscité le "lâche" assassinat de 21 ressortissants égyptiens par un groupe terroriste, il indiqué que l'Algérie condamne avec la plus grande vigueur cet acte criminel abject et je tiens à réitérer les condoléances de l'Algérie aux autorités égyptiennes et dire toute notre sympathie et notre compassion aux familles des victimes", a-t-il relevé.

"L'Algérie qui a vécu et combattu les affres du terrorisme, y compris à partir du territoire libyen comme ce fut le cas pour l'attaque contre le complexe gazier de Tiguentourine que les forces de sécurité algériennes ont réussi à neutraliser en libérant plus de 800 otages et à préserver les installations, sait combien la solidarité, la coopération internationale sont nécessaires en de pareilles circonstances", a-t-il rappelé.