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M. MESSAHEL : la construction maghrébine "a très peu avancé" 13/12/2008

 

M. MESSAHEL : la construction maghrébine "a très peu avancé" 


Le Ministre Délégué Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines a affirmé jeudi que la construction du Maghreb "a très peu avancé" et que l'Union du Maghreb arabe (UMA) ne pouvait "se concevoir en dehors de certaines raisons politiques du règlement du conflit du Sahara occidental". 

"La construction maghrébine a très peu avancé sur le plan politique. Il y a des questions qui font que l'UMA ne peut se concevoir en dehors de certaines raisons politiques du règlement du conflit du Sahara occidental", a-t-il dit à l'émission "l'Evènement à la Une" de la chaîne III de la radio nationale. 

"C'est une question fondamentale dans la construction maghrébine et il y a des clarifications et également des questions à régler", a-t-il soutenu, ajoutant que le deuxième handicap dans la construction maghrébine est que les pays de la région "ont très souvent fait des politiques économiques chacun de son côté". 

Cependant, il a relevé que l'Algérie a toujours travaillé à la construction maghrébine, qui remonte au début du siècle dernier, et a eu toujours pour "approche d'envisager son avenir avec celui des autres pays de la région". 

"La construction maghrébine est un choix sur lequel tout le monde est d'accord et qui se fait par étapes", a-t-il ajouté. 

Sur la question du conflit du Sahara occidental, M. MESSAHEL a rappelé que l'Algérie a "une position qui n'a pas changé depuis 1965". 

"L'Algérie reste attachée au principe de l'autodétermination du peuple sahraoui, une position qui est celle de la communauté internationale et des Nations unies", a-t-il fait remarquer. 

"Nous avons toujours encouragé la recherche d'une solution à ce conflit sur la base de l'exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son autodétermination", a-t-il encore expliqué.

Relevant que le processus de négociations entre le Front Polisario et le Maroc "n'a pas avancé", M. MESSAHEL a appelé à la nomination, "dans les plus brefs délais", du représentant personnel du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara occidental. 

M. MESSAHEL a souhaité, dans ce contexte, la reprise des négociations sous l'égide de l'Onu pour "mettre en oeuvre le principe de l'autodétermination du peuple sahraoui". 

"Le moment est venu pour que les Nations unies mettent de la pression et leur poids sur les parties pour faire avancer les négociations et aboutir à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental", a-t-il plaidé, soulignant que les Nations unies ont un "devoir moral" et "sont garantes" du droit des peuples à l'autodétermination. 

Au sujet des relations algéro-tunisiennes, M. MESSAHEL a estimé que l'accord commercial préférentiel, signé récemment par l'Algérie et la Tunisie, "ouvrira la voie à une zone de libre-échange entre les deux pays à l'horizon 2009-2010". 

L'accord commercial, signé lors de la 17ème session de la Grande commission mixte algéro-tunisienne qui s'est tenue à Tunis, "ouvre la voie à une zone de libre-échange où les produits peuvent passer d'un pays à un autre sans droits et taxes sauf pour quelques produits qui feront l'objet de listes et d'accords entre les deux pays". 

L'accord préférentiel "va booster un peu plus les échanges commerciaux entre les deux pays qui dépassent déjà les 500 millions de dollars", selon certains sources d'organismes algériens et tunisiens, a-t-il estimé. 

La 17ème session de la Grande commission mixte algéro-tunisienne a été couronnée par la signature de pas moins de 8 accords, rappelle-t-on. 

"Il y a un 2ème accord porteur d'espoir, signé par les ministres de l'Enseignement supérieur, qui ouvre des perspectives aux chercheurs des deux pays de travailler sur des projets communs", a-t-il dit. 

M. MESSAHEL a indiqué que des accords entre les deux pays sont "en voie de finalisation, dont celui portant sur l'établissement datant de 1963 qu'il fallait réactualiser". 

"C'est un accord qui prendra en charge les communautés algérienne en Tunisie et tunisienne en Algérie pour qu'elles puissent vivre dans de bonnes conditions", a-t-il expliqué, indiquant qu'une série de réunions sont programmées au début de l'année 2009 et qui devront aboutir "certainement" lors de la 18ème session de la Grande commission mixte qui va se tenir en Algérie au début du 2ème semestre de 2009. 

A propos du prochain sommet sahélo-saharien à Bamako (Mali), le ministre a indiqué que, lors de cette rencontre, la menace terroriste et le développement dans cette région de l'Afrique seront abordées. 

Concernant l'action de l'Algérie dans les conflits en Afrique, M. MESSAHEL a indiqué que, pour les cas du Mali et du Niger, l'Algérie "s'implique à la demande des parties". 

"Nous le faisons dans le cadre de la recherche de solutions politiques pacifiques à des situations, comme c'est le cas du nord du Mali, mais nous le faisons également dans le respect de l'intégrité territoriale et la souveraineté des Etats", a-t-il dit. 

"Nous aidons nos frères maliens et aussi nigériens à surmonter leurs problèmes par le dialogue et la concertation", a-t-il ajouté, soulignant que l'Algérie "mène aussi des politiques vis-à-vis des zones frontalières". 

Il a indiqué que l'Algérie essaie, à travers des mécanismes de coopération, de "développer des zones transfrontalières en finançant quelques projets", soulignant qu'elle apporte sa contribution au développement du nord du Mali et du Niger".