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Intervention du Président BOUTEFLIKA sur le thème paix et sécurité et les différentes formes de criminalité transnationale 25/06/2010

 

Intervention du Président BOUTEFLIKA sur le thème paix et sécurité et les différentes formes de criminalité transnationale



Le Président de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, a fait une intervention vendredi sur le thème paix et sécurité, avec un accent particulier sur les différentes formes de criminalité transnationale, à l'occasion du sommet du G8, qui se tient à Muskoka, au Canada, dont voici le texte intégral:

"Monsieur le Président,

En ce qui concerne les problèmes de paix et de sécurité, l’on note encore en Afrique des zones d’instabilité et d’insécurité qui constituent de toute évidence la première priorité des efforts entrepris par l’Union Africaine et ses partenaires.

Si des zones de conflit et de tension ont connu des progrès notables dans la voie de règlement, et qu’il s’agit au demeurant de consolider, la situation dans d’autres régions continue de nous interpeller dans la mesure où les processus engagés n’ont pas encore apporté les résultats escomptés, notamment en Somalie et au Darfour, malgré les efforts fournis par l’Union Africaine et qui nécessitent un soutien substantiel de la communauté internationale.

Il est évident que la restauration de la paix et de la sécurité demeure la condition fondamentale de la réussite de tout processus viable et durable de développement économique et social et d’amélioration des conditions de vie des populations.

La problématique de la paix et de la sécurité se pose ensuite en termes d’exacerbation et d’expansion du phénomène du terrorisme et ses connexions de plus en plus fortes avec le crime transnational organisé, le trafic de drogues, d’armes et la prise d’otages.

Ces nouvelles menaces, conjuguées à la persistance des conflits, constituent aujourd’hui un véritable défi pour la communauté internationale, aggravé par la crise économique et financière qui peut, si elle perdure, éroder l’effort de développement économique et social au profit des populations des pays du Sud, dont les mauvaises conditions de vie peuvent être source de tension et d’instabilité.

La région du Sahel, devenue zone de repli des groupes terroristes, présente aujourd’hui de réelles menaces et d’importants facteurs de risque. Elle peut, à terme, devenir un espace propice pour l’expansion du terrorisme vers d’autres régions du continent et du monde.

Partant de ce diagnostic, les pays de la région sahélo-saharienne ont convenu de mener une lutte efficace, coordonnée et solidaire contre ces fléaux.

Outre la dynamisation des cadres de coopération bilatérale, il a été convenu de donner une nouvelle impulsion à une coopération régionale structurée autour du principe de l’appropriation des pays de la région des problèmes de sécurité, le respect des engagements bilatéraux et internationaux et l’adoption de mesures concrètes de lutte antiterroriste.

S’agissant de la question spécifique du paiement de rançons aux groupes terroristes preneurs d’otages, il convient de saluer l’importante avancée normative réalisée dans ce domaine par l’Union Africaine, qui a adopté lors de sa treizième session, en juillet 2009 à Syrte, une décision condamnant le versement de rançons aux groupes terroristes.

Nous nous félicitons de l’appui à cette position du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui a introduit dans sa résolution 1904 de décembre 2009, des dispositions sur l’incrimination juridique de cette pratique éminemment déplorable, qui constitue dans son essence et sa finalité une source de financement du terrorisme.

Monsieur le Président,

Il est significatif que notre rencontre consacre une partie de ses travaux au thème de la paix et de la sécurité avec un accent particulier sur les différentes formes de criminalité transnationale.

L’Afrique est victime de cette criminalité transnationale et souffre de plus en plus des trafics de marchandises, notamment les médicaments contrefaits, des déchets toxiques et l’exploitation sexuelle des femmes.

Cette criminalité a pris en outre de graves proportions à travers le trafic d’armes légères et de drogue par des réseaux de criminalité organisée.

Elle représente une menace d’autant plus redoutable que ces réseaux ont noué des liens étroits avec les organisations terroristes qui se sont repliées en Afrique et sur la zone du Sahel en particulier. Cette menace n’est pas circonscrite à l’Afrique. Sa portée couvre l’Europe et va même bien au-delà.

L’Afrique est le deuxième producteur mondial de cannabis et l’Afrique de l’Ouest, zone de transit pour le trafic de cocaïne, demeure l’une des régions les plus exposées aux activités illicites des réseaux de trafic de drogues.

Ce constat édifie sur l’ampleur et la complexité de ces maux et sur la nécessité d’adopter des mesures efficaces et audacieuses pour les combattre.

Pour y faire face, nous nous devons de tenir compte des différents aspects de ces phénomènes et porter notre attention aussi bien à leurs causes qu’à leurs manifestations afin de leur apporter des remèdes efficaces.

Toute action à la mesure de ce défi suppose, d’abord, une étroite coopération régionale et internationale. La communauté internationale et le G8 en particulier ont un rôle essentiel à jouer pour appuyer la mise en oeuvre des actions arrêtées aussi bien au plan national qu’au plan régional.

Nous attendons que les pays du G8 apportent leur soutien aux mécanismes de coopération adoptés au plan régional, à l’instar des pays de la région sahélo-saharienne, pour prendre en charge efficacement la lutte contre ces fléaux, et ce dans les domaines particuliers du renseignement, de l’équipement et de la formation.

La lutte implacable qui doit être livrée pour s’affranchir de ces menaces est menée naturellement, en Afrique, dans le strict respect du droit international.

Nous sommes réceptifs à toute offre de coopération efficace et soutenue par une ferme détermination de nos partenaires.

Le partenariat entre les pays du G8 et l’Afrique pour combattre ces trafics et consolider la paix et la sécurité internationales doit être renforcé.

Nos partenaires se doivent d’assumer la part de responsabilité qui leur revient dans la lutte contre ces phénomènes transnationaux, à travers le soutien des efforts des pays africains pour y faire face, en vue de renforcer la stabilité, instaurer la paix et créer les meilleures conditions du développement durable.

Je vous remercie".