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M. le Ministre développe à Athènes les positions de l’Algérie sur les questions intéressant l’UE et le monde arabe 11/06/2014

Le ministre des Affaires étrangères, M. Ramtane Lamamra, a développé les positions de l’Algérie dans ses interventions sur les questions discutées  mercredi à Athènes (Grèce) lors de la 3e Conférence des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) et de la Ligue des Etats arabes.

M. Lamamra est intervenu, à l’occasion de cette conférence de deux jours (10 et 11 juin) sur les questions inscrites à l’ordre du jour liées notamment aux changements dans la région, au conflit du Moyen-Orient, à la situation en Syrie, au terrorisme et au dialogue ainsi que la coopération entre les ensembles européen et arabe et le rôle de l’Algérie dans l’espace sahélien.

Il a souligné dans ses interventions "l’importance" accordée par l’Algérie au dialogue euro-arabe et à la "nécessité impérieuse" de son développement et de son approfondissement dans l’intérêt de la promotion des liens de solidarité, de rapprochement des peuples et de complémentarité des économies des deux parties.

Il a étayé cette affirmation par l’existence de "facteurs de convergences" entre les deux ensembles, que sont, a-t-il dit, la proximité géographique, l’histoire, les échanges humains et les relations économiques, ainsi que la volonté commune de relever les défis communs et d’exploitation de leurs potentiels respectifs et leurs nombreux avantages comparatifs dans une logique de prospérité partagée.

Sur le conflit au Moyen-Orient, le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que l’Algérie "se félicite" du fait que les pays arabes et l’UE s’accordent sur la "nécessité" d’un "règlement global, juste et définitif de cette question".

Il a souligné, à ce propos, que "la création d’un Etat palestinien viable et indépendant, l’arrêt des colonisations, la fin du blocus contre Ghaza, la prise en compte de l’Initiative arabe de paix sont autant de facteurs qui pourraient contribuer à la réalisation d’une paix durable dans la région".

Palestine : l’Algérie favorable à la relance immédiate des négociations afin de parvenir à une paix juste

En ce sens, M. Lamamra a affirmé que l’Algérie est en faveur d’une relance "immédiate et effective" des négociations afin de parvenir à une "paix juste et durable" sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies, des principes de la Conférence de Madrid sur la paix, notamment l’échange de territoires contre la paix, la feuille de route, des accords conclus par les parties et de l’initiative arabe de paix, a-t-il précisé.

Il s’est réjouit aussi de l’adhésion historique, le 10 avril 2014, de la Palestine aux quatre conventions de Genève et au premier Protocole additionnel, considérés comme des textes fondamentaux du droit humanitaire.

Il a estimé qu’il s’agit d’un geste "symbolique" qui est "à consolider" pour un statut complet d’Etat auquel aspirent les Palestiniens.

L’Algérie a, en outre, condamné les violations israéliennes continues de la mosquée d’al-Aqsa et appelle la communauté internationale à assumer sa "pleine responsabilité" pour la sauvegarde de la ville sainte d’al-Qods, a ajouté M. le ministre.

Il a également relevé que l’Algérie salue l’accord de réconciliation, conclu entre les parties palestiniennes, auquel elle n’a cessé d’appeler, en ce sens qu’il constitue la pierre angulaire à l’édification d’un Etat indépendant avec al-Qods pour capitale.

M. Lamamra a réitéré l’invitation de l’Algérie aux Palestiniens, de part et d’autre, à "poursuivre leurs efforts dans le sens de la consolidation de leur unité et à faire front uni contre tous ceux qui tirent profit du statuquo et de la division".

Il a ainsi rappelé la "pertinence" de la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, décrétant l’année 2014 "Année de la solidarité avec la Palestine", laquelle intervient dans le contexte de réconciliation palestinienne.

Solidarité de l’Algérie avec les pays du voisinage

Par ailleurs, M. Lamamra a réaffirmé, au sujet des mutations en cours dans la région, la solidarité de l’Algérie avec les pays concernés avec lesquels elle développe des relations de bon-voisinage et de coopération.

Evoquant la Tunisie, il a réitéré ses félicitations à la Tunisie, suite à l’adoption de sa nouvelle Constitution ainsi que la qualité des relations d’amitié et de coopération (de l’Algérie) avec ce pays voisin.

S’agissant de la Libye, le ministre a indiqué que l’Algérie suit avec "attention et préoccupation" les événements en cours dans ce pays, émettant à cet égard le souhait que "ce pays frère retrouve rapidement la paix et la stabilité dans le cadre d’une sortie de crise qui préserve son unité et son intégrité territoriales ainsi que la cohésion de son peuple".

Il a précisé que l’Algérie considère que les pays frontaliers sont disposés à apporter leur appui multiforme à la Libye "voisine" en rappelant "l’opportunité et l’importance" des consultations informelles qu’ils ont tenues à Alger.

Abordant la situation en Syrie, et après avoir rendu un "grand hommage" à l’ancien médiateur de l’ONU et de la Ligue des Etats arabes en Syrie, Lakhdar Brahimi, pour ses "efforts inlassables" déployés dans la recherche d’une solution dans ce pays, M. Lamamra a réitéré l’appel de l’Algérie à la communauté internationale de relancer le processus de Genève II afin de parvenir à un consensus en faveur d’uns solution politique à la crise syrienne.

"L’Algérie exhorte les parties au conflit en Syrie à faire prévaloir la sagesse et aller vers des décisions courageuses pour transcender les divergences qui entravent le retour de la paix et de la sécurité dans leur pays", a indiqué M. Lamamra.

Impératif de lutte antiterroriste pour une paix et une sécurité durables au Sahel

Abordant le volet de lutte contre le terrorisme et de la situation au Sahel, M. Lamamra a d’abord rappelé que l’Algérie s’est félicitée de l’adoption, le 27 janvier 2014, par le Conseil de sécurité de la résolution 2333 qui condamne les enlèvements et les prises d’otage perpétrés par des groupes terroristes quel qu’en soit le but, y compris celui d’obtenir des fonds ou des concessions politiques.

"Cette résolution consacre la vision du gouvernement algérien qui considère le paiement des rançons aux groupes terroristes comme une forme de financement du terrorisme devant être traité comme telle", a-t-il expliqué.

"Cette résolution constitue un couronnement des efforts déployés par l’Algérie au triple plan : bilatéral, régional et international qui ont abouti à la décision de l’Union africaine, en juillet 2009, exhortant la communauté internationale à criminaliser le paiement des rançons aux groupes terroristes, suite à des prises d’otage", a encore fait observer le chef de la diplomatie algérienne.

Concernant la région du Sahel, déjà fragilisée par la pauvreté et la conjonction de plusieurs phénomènes criminels comme le terrorisme, le crime organisé et le trafic de drogue, l’Algérie a toujours œuvré, a-t-il dit, dans le sens d’une participation "constructive et responsable" à la sécurisation de la région sahélo-saharienne à travers le renforcement des capacités humaines et matérielles des pays de la région.

"Elle a ainsi toujours été à la pointe de la coopération régionale, multipliant les initiatives destinées à assurer le traitement de ce problème par les pays de la région dans un cadre solidaire, à l’instar de la coopération ambitieuse en matière de sécurité initiée par les pays voisins dits du champ", a expliqué le ministre.

Il a rappelé que l’Algérie participe au processus de Nouakchott visant à assoir de manière "concertée, volontaire et collective" les fondements d’une paix et sécurité "durables" dans la région sahélo-saharienne, à travers, a-t-il poursuivi, des "dispositifs d’opérationnalisation de l’architecture africaine de paix et de sécurité dans le Sahel".

"L’impératif d’une lutte antiterroriste globale doit être accompagné d’une meilleure prise en charge des questions de développement à travers des mesures complémentaires englobant les aspects de développement, de lutte contre la pauvreté ainsi que le respect de la légalité internationale", a-t-il souligné.

"L’Algérie réaffirme son appui aux efforts menés pour la restauration de la paix et de la stabilité ainsi que de l’autorité de l’Etat du Mali. Elle reste engagée pour apporter, comme elle l’a toujours fait par le passé, son aide pour le règlement de la question du nord du Mali dans le cadre du respect de l’unité et de l’intégrité du pays", a souligné M. le ministre.

Il s’est en outre félicité de la signature de la "Déclaration d’Alger" par trois mouvements du nord du Mali dans cette perspective ainsi que de la tenue prochaine à Alger de la 4e réunion du Comité stratégique algéro-malien qui a été mis en place, par les Présidents des deux pays, le 19 janvier 2014, et de la 3e réunion ministérielle des pays sahéliens engagés dans la promotion d’un dialogue inter-malien inclusif.

Migration : la vision de l'Europe est "contreproductive"

Intervenant sur le dossier de la migration, le ministre a relevé que la tendance constatée chez les pays européens, qui consiste à lier la migration à la sécurité, est "contreproductive".

"L’Algérie a constamment plaidé pour une approche équilibrée et globale en matière de gestion concertée des flux migratoires, qui prend en compte, non seulement les capacités d’accueil des pays de la rive nord, mais aussi la préservation des droits acquis des migrants, le droit à la libre-circulation des personnes ainsi que le rôle du développement dans la sédentarisation des candidats potentiels à l’immigration", a-t-il précisé.

Il a ainsi évoqué une "inquiétude légitime" suite aux résultats desélections européennes marquées par la poussée des discours extrémistes, xénophobes et islamophobes en Europe, soulignant que "la stigmatisation de l’islam et des musulmans est une atteinte aux droits de l’homme et constitue une menace à la coexistence pacifique entre les peuples".

Il a en outre réitéré le soutien de l’Algérie à un dialogue culturel et civilisationnel euro-arabe "renforcé", à même de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance et du respect mutuel, a encore asséné M. Lamamra. Il a rappelé, à cet effet, que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a apporté son appui à l’initiative onusienne relative à l’alliance des civilisations.

En matière de coopération euro-arabe, il a souligné que les deux parties possèdent un "potentiel" et des "avantages comparatifs" à même de servir à bâtir un partenariat "mutuellement bénéfique", soulignant "l’importance" de l’énergie et du transfert de technologie dans les relations économiques euro-arabes.