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Journée nationale du chahid : déclaration de M. le Président de la République 18/02/2014

"La célébration de la Journée nationale du chahid nous offre l'occasion d'exprimer notre reconnaissance rénouvelée et notre gratitude aux millions de chouhada (martyrs) qui se sont succédé sur l'autel des sacrifices et payé au prix du sang la liberté de la patrie.

Dès les premières heures de l'occupation, les moujahidine, forts de leur profonde foi en la nécessité d'arracher leur droit à une vie digne et à la liberté, n'ont cessé, de génération en génération, de consentir les sacrifices suprêmes pour que vive le pays.

La résistance populaire s'est ainsi poursuivie pendant plus d'un siècle. De l'émir Abdelkader, à Bennasser Ben Chahra, El Mokrani, Ouled Sidi Cheikh et Lala Fatma et toutes les révoltes populaires qui ont éclaté dans chaque coin du territoire algérien jusqu'au déclenchement de la Révolution du 1er novembre (1954) qui a conduit à l'indépendance et chassé l'occupant.

La commémoration de cet anniversaire intervient cette année dans une étape cruciale à la veille d'une échéance déterminante dans le processus d'édification du pays, en l'occurrence l'élection présidentielle pour laquelle les préparatifs battent son plein.

Depuis cette tribune à travers laquelle nous nous recueillons à la mémoire des chouhada, nous nous devons de rappeler combien est précieux le legs qu'ils ont déposé entre les mains de la nation, un legs qui gagnerait à être sauvegardé et conforté et non point d'être compromis.

Les enfants de la nation ont certes le droit, voire le devoir d'élaborer des stratégies et plans qu'ils jugent pertinents et utiles, d'envisager comme bon leur semble l'avenir du pays et de dégager les orientations à même de favoriser le développement et de contribuer avec de meilleures garanties et des coûts moindres à concrétiser progrès et prospérité mais sans pour autant porter atteinte aux constantes et aux symboles de la nation et à ses institutions.

Ils ne doivent pas également susciter la discorde, ni des troubles sociaux qui affectent la stabilité et la quiétude et nous détournent, une fois encore, du projet majeur de développement effectif afin d'en finir définitivement avec le sous-développement.

C'est une chance que la différence et la diversité d'opinion existent. La démocratie, en tant que valeur humaine, est un élément incontournable dans l'oeuvre de rénovation et de réforme, mais aussi dans la bataille de changement.

Nous souhaitons que nos différences ainsi que la diversité de nos obédiences nous mènent vers des orientations favorables à notre nation et non point dans l'arène des hostilités et de l'animosité ou de tout ce qui est de nature à affaiblir nos capacités de défense et la force de notre pays, et à faire de nous une proie facile pour nos détracteurs, à l'instar de ce qui se passe dans d'autres pays.

En cette journée hautement symbolique, j'appelle l'ensemble du peuple algérien, à leur tête les jeunes, à s'unir autour des constantes de la nation et à faire preuve de vigilance et de prudence à travers des actions constructives favorables à la consécration du développement global à la faveur de l'Etat de droit.

Alors que nos concitoyens n'avaient pas encore inhumé les chouhada qui ont péri dans le crash d'un avion militaire près d'Oum El Bouaghi, des déclarations irréfléchies de certaines hautes personnalités publiques, relayées par des commentaires de tous bords, ont donné matière, aux médias nationaux et étrangers, à des commentaires et des supputations attentatoires à l'unité de l'Armée nationale populaire.

Les adversaires, occultes et déclarés, exploitent cette situation préjudiciable pour tenter d'imposer la thèse du conflit interne au sein de l'Armée nationale populaire en présentant le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) comme une structure agissant en violation des règles qui régissent ses missions et attributions.

Cette perception des réalités dénuée d'objectivité impose, à tous les responsables, un effort urgent et efficient pour qu'il soit immédiatement mis fin à cet état de fait.

Nul n'est en droit, quelles que soient ses responsabilités, de se placer ou de mettre ses activités et déclarations au-dessus des dispositions de la Constitution et des lois de la République. Nul n'est en droit d'attenter aux fondements de l'édifice républicain ni aux acquis. Nul n'est en droit de régler ses comptes personnels avec les autres au détriment des intérêts suprêmes de la nation tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

L'heure n'est plus à l'insulte ni à l'invective. Concentrons-nous sur ce qu'il y a de mieux pour notre nation.

Le Département du renseignement et de la sécurité doit continuer à exécuter ses missions et attributions que lui confère la loi.

Partie intégrante de l'Armée nationale populaire, ce département accomplit ses missions dans le cadre de la loi et conformément aux textes régissant ses activités.

Ces quelques rappels ont pour objectif de réaffirmer clairement que, contrairement aux allégations et aux spéculations rapportées par voie de presse préjudiciables à la stabilité de l'Etat et de l'Armée nationale populaire, le Département du renseignement et de la sécurité reste pleinement mobilisé pour la bonne exécution des missions qui lui incombent, à l'instar des autres composantes de l'Armée nationale populaire.

Compte tenu des menaces tangibles qui pèsent présentement sur l'Algérie, au regard des situations sécuritaires actuelles à ses frontières, je demande à tous les responsables concernés de prendre toutes les mesures requises, afin de rétablir la bonne mesure de concertation et de saine coopération à tous les niveaux et de faire en sorte que chaque responsable et chaque structure agissent conformément aux dispositions réglementaires qui régissent leurs activités, dans l'intérêt suprême du pays.

Depuis les succès remportés contre le fléau terroriste, l'Armée nationale populaire et les services de sécurité restent et resteront toujours la cible de forces hostiles et des Etats qui les encouragent à affaiblir le rempart patriotique qu'ils constituent face aux desseins hostiles visant l'Algérie et son peuple.

Cette forme de déstabilisation vise, aujourd'hui, à créer des distorsions et à paralyser les activités de défense et de sécurité nationales. Elle vise, surtout, l'Armée nationale populaire et, au-delà, l'Etat national.

Les conflits fictifs fomentés entre les structures de l'Armée nationale populaire relèvent d'un processus de déstabilisation bien élaboré par tous ceux que le poids de l'Algérie et son rôle dans la région dérangent.

Ce processus peut, malheureusement, être favorisé par le comportement irresponsable des uns et le manque de maturité des autres, sous l'influence  des différents volets de la guerre médiatique menée présentement contre l'Algérie, la présidence de la République, l'Armée nationale populaire et le Département du senseignement de la sécurité.

Face à ce danger qui est perceptible, l'ensemble des responsables doivent mobiliser leur conscience patriotique et réduire toutes les formes de tensions qui viendraient à survenir entre eux. Il y va de l'avenir de l'Etat, de sa défense et de sa sécurité.

Le contexte politique et social dans lequel nous évoluons à l'approche de l'élection présidentielle, marqué par la confusion qui a gagné les scènes politique et médiatique et suscité l'appréhension des citoyens sous l'effet des manoeuvres de désinformation internes et externes, arguant de l'existence supposée, entre les hautes institutions du pays, de conflits aux conséquences redoutables sur la sécurité et la stabilité, m'oblige à exprimer ce qu'il me revient de dire afin de rétablir les choses dans leur juste perspective.

Le peuple algérien a réussi, grâce à son courage et ses sacrifices, à éviter de justesse l'anéantissement de la nation, but recherché par le fléau terroriste qui a généré d'incommensurables pertes en vies humaines.