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L'Algérie reconnaît les Etats, non les régimes 12/02/2014

Le Ministre des Affaires Etrangères, M. Ramtane Lamamra, a réaffirmé dans une interview à la chaîne de télévision Russia Today, en marge de sa visite de travail en Russie et diffusée mercredi, que l'Algérie "reconnaît les Etats et non les régimes".

Le chef de la diplomatie algérienne qui répondait à une question sur la position de l'Algérie à l'égard des pays du "printemps arabe" , a rappelé que l'Algérie "reconnaît les Etats, non les régimes et les gouvernements".

Il a réaffirmé l'attachement de l'Algérie au principe de non ingérence dans les affaires internes des autres pays.

"Nous avons, cependant, un avis et une analyse concernant ce qui se produit chez les autres, notamment lorsqu'il s'agit de pays frères et amis", a-t-il ajouté, rappelant que l'Algérie avait des intérêts communs avec ces pays.

Expliquant le concept de "printemps arabe", M. Lamamra a soutenu qu'il s'agissait d'une idée importée qui était valable durant la guerre froide en Europe. "Je ne pense pas qu'elle soit nécessairement valable dans le monde arabe", a-t-il considéré.

"Dans leur évolution, les sociétés arabes devaient opérer des changements radicaux. Dans certains cas, ces changement ont eu lieu par de simples manifestations pacifiques et dans d'autres, la voie de la violence a été adoptée conduisant à des guerres civiles avec leurs lots de victimes", a encore rappelé M. Lamamra.

Selon M. Lamamra, il n’y a pas de règle générale pour ces changements qui doivent obéir aux conditions spécifiques de chaque société arabe.

"L'Algérie, pour sa part, a connu une grande révolution de libération qui a modifié les structures de la société et l'a prédisposée à s'adapter aux exigences de la modernité tout en préservant son authenticité", a encore souligné le chef de la diplomatie algérienne.

M. Lamamra a rappelé par ailleurs les politiques adoptées en Algérie au lendemain de l'indépendance et qui lui ont permis d'atteindre des niveaux remarquables en termes de justice sociale.

Il a mis en relief à cet égard les acquis réalisés en matière d'enseignement et de médecine gratuits.

Il s'est également félicité des progrès réalisés dans le domaine du pluralisme politique et culturel en Algérie et qui, a-t-il ajouté, ont conforté le sentiment du citoyen algérien qu'il était libre dans son pays.

Concernant la situation en Syrie, M. Lamamra a rappelé que l'Algérie avait émis, plus d'une fois dans le cadre de la Ligue arabe, des réserves quant à certaines décisions qui à son sens n'étaient pas conformes à l'esprit de la charte de l'organisation panarabe.

Dans ce contexte, M. Lamamra a salué les efforts de M. Lakhdar Brahimi l'envoyé de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie.

"M. Brahimi est un diplomate algérien reconnu et une éminente personnalité internationale forte d'une expérience et d'une culture algérienne. Il a le soutien de l'Algérie et de la communauté internationale", a-t-il dit.

Evoquant les relations économiques algéro-russes, M. Lamamra a souligné que les deux pays adoptaient l'économie de marché et croyaient en la concurrence et en la nécessaire conjugaison des efforts pour la défense de leurs intérêts communs sur la scène internationale.

L'Algérie et la Russie travaillent ensemble dans le domaine du gaz naturel et défendent des prix raisonnables pour les producteurs et les consommateurs afin de garantir la stabilité du marché des hydrocarbures, a-t-il conclu.