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MEDELCI :Contrer l'islamophobie par une représentation authentique de l'islam 28/09/2008

 

MEDELCI :Contrer l'islamophobie par une représentation authentique de l'islam 


Le Ministre des Affaires étrangères, M. Mourad MEDELCI, a affirmé à New York, lors de la réunion annuelle de coordination des Ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'OCI, que la représentation authentique de l'islam de par le monde contribue à la lutte contre l'islamophobie. 

"Il nous faut pour corriger cette vision erronée de notre sainte religion, veiller à une représentation authentique de l'islam de par le monde en persuadant l'opinion occidentale à le considérer autrement qu'à travers le prisme de l'intolérance et de la menace terroriste", a dit vendredi M. MEDELCI devant ses pairs des pays musulmans, à propos de l'islamophobie. 

Estimant que cette "forme inédite de ressentiment à l'égard de l'islam et des musulmans, nous préoccupe tous", M. MEDELCI a fait savoir que "l'Algérie a, pour sa part, des raisons valables de s'y intéresser". 

Il a cité notamment l'existence d'une forte communauté algérienne à l'étranger, en Europe en particulier, région où, a-t-il relevé, "nous avons vu naître les premiers foyers d'islamophobie", ajoutant que "le sort de cette communauté (...) nous préoccupe au plus haut point". 

En deuxième lieu, il a rappelé la "part active" prise par l'Algérie au dialogue des civilisations et, plus récemment, à l'Alliance des civilisations, pour marquer son "attachement au dialogue éclairé" et à "l'importance de semer la culture de la tolérance et du respect de toutes les religions". 

Le Ministre qui a souligné que "ces temps difficiles où l'islamophobie pervertit l'image de l'islam", a insisté sur la nécessité de "comprendre la source de ce phénomène, identifier ses relais, y compris au sein même de nos sociétés et déchiffrer les desseins de ceux qui agitent les vieux fantômes de la peur et de la soi-disant +islamisation rampante+ pour s'inventer un nouvel ennemi". 

Face à cela, il a proposé de réhabiliter les valeurs civilisationnelles et modernistes de l'islam", soulignant que les pays musulmans doivent "coordonner (leurs) efforts pour neutraliser le discours et les desseins haineux de ceux qui, recourant au terrorisme, sème la mort et la discorde en prétendant agir au nom de notre religion sacrée". 

"Parce que le dialogue est le moyen de répondre aux calomnies auxquelles est en butte l'islam et de déconstruire l'image que les masses occidentales ont de lui", a-t-il dit affirmant que "nous devons nous lancer dans une stratégie de communication efficace qui, tout en rejetant toutes forme de manifestation de haine et de violence, se fonderait sur la nécessaire garantie d'un équilibre entre la liberté d'expression et les atteintes insoutenables aux fondements des religions". 


M. MEDELCI a estimé la réponse des musulmans "ne doit pas être réaction à une menace, mais un témoignage de la supériorité de la raison sur les émotions", ajoutant que "n'aidant pas à penser, les discours enflammés n'aident pas non plus à agir, sinon d'une façon disproportionnée, voire totalement inadaptée qui ne peut, au mieux, que fixer les crises au lieu d'aider à les résoudre". 

Il a ainsi a suggéré que "face à la montée de la haine et de l'incompréhension, nous devons adapter nos discours et adopter les moyens d'action propres à une société démocratique", par des débats d'idées, des manifestations pacifiques et des campagnes de sensibilisation. 

Abordant la crise alimentaire mondiale, le Ministre a estimé les crises que traversent le monde musulman "viennent tester la solidité des liens fraternels et religieux qui unissent ses membres et dont la réponse déterminera l'essor et l'avenir de cette grande famille", exprimant l'espoir de voir la Oumma islamique renforcer "l'unité et la cohésion dans ses rangs et de concrétiser ses aspirations légitimes au progrès et à la prospérité". 

"En méditant les valeurs de tolérance, de respect du prochain et de solidarité que nous enseigne notre religion et qui trouvent leur pleine expression dans ce mois sacré (ramadan), j'ai une pensée particulière pour nos frères et soeurs en Palestine occupée ainsi que pour toutes les autres communautés musulmanes qui vivent encore sous le joug du colonialisme et envers lesquelles nous avons tous une responsabilité morale", a-t-il dit. 

A cet égard, M. MEDELCI a précisé que "l'impact négatif" de la crise alimentaire mondiale sur le prix des produits alimentaires en est un exemple tant elle touche un pan entier de la population mondiale, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie, plongeant des millions de personnes dans la pauvreté et ralentissant les progrès accomplis sur la voie de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). 

Pour atténuer l'impact de cette crise, le Ministre a estimé que, dans l'immédiat, "nous devons faire face aux besoins urgents des populations vulnérables en mobilisant tous les soutiens possibles pour leur venir en aide". 

A ce sujet, il s'est félicité de la réaction de certains pays au sein de la Oumma islamique aux appels de détresse qui ont répondu aux besoins humanitaires les plus pressants, en citant l'initiative de cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, Emir du Koweït, portant création du "Fonds pour une vie digne dans les pays islamiques". 

Enfin, M. MEDELCI a appelé les Etats musulmans à oeuvrer avec les instituions internationales telles que la FAO, l'OMC et l'ONU pour, a-t-il dit, "apporter des réponses durables à la crise alimentaire mondiale (et) faire de l'agriculture le secteur clé du développement".