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La situation en Syrie: une "tragédie" pour les Syriens et une "hypothèque très lourde " pour l'ensemble de la région 01/01/2014

La situation en Syrie est une "tragédie" pour les Syriens eux-mêmes mais aussi une "hypothèque très lourde" pour l'ensemble de la région, a affirmé mercredi à Alger, le Ministre des Affaires étrangères, M. Ramtane Lamamra, considérant que "plus tôt la solution politique arrive, mieux c'est pour tout le monde".

La situation de la Syrie aujourd'hui "est une tragédie pour les Syriens eux-mêmes, mais c'est aussi une hypothèque très lourde pour l'ensemble de la région ", a souligné M. Lamamra qui était l'invité de l'émission "Sur le fil", diffusée par la chaîne Canal Algérie, précisant que "la solution est celle qui sortira d'un dialogue".

La Syrie vit "un déchirement fratricide", a-t-il dit, avant d'ajouter que "la tragédie syrienne doit  trouver son issue dans une solution pacifique par le dialogue, relevant que c'est pour cette raison que l'Algérie "appuie les efforts de Lakhdar Brahimi".

M. Lamamra a également estimé que la conférence Genève II, à laquelle prendra part l'Algérie, "amorcera un processus qui sera ardu, laborieux et pas facile pour arriver à une solution politique".

"Souvenez-vous du processus de négociations vietnamiennes à Paris, c'était laborieux et difficile mais il y a eu une dynamique et des efforts parallèles et complémentaires qui se sont déployés jusqu'au cessez-le feu", a-t-il indiqué émettant le souhait de voir les négociations syriennes aboutir "rapidement".

Il a aussi rappelé la position de non-ingérence prônée par l'Algérie, une position "qui ne signifie pas indifférence", a affirmé le chef de la diplomatie soulignant que pour le cas de la Syrie, "la solution n'est pas dans la victoire militaire d'un corps sur un autre et certainement pas d'un corps soutenu de l'extérieur".

Par ailleurs, le Ministre a abordé la question palestinienne, pour expliquer qu'il n'y avait pas d'échappatoire à l'autodétermination et que c'était une question de crédibilité pour la communauté internationale.

"L'autodétermination est la solution pour les Palestiniens, il n y a pas d'échappatoire. J'ai rencontré John Kerry et j'ai décelé en lui du volontarisme, plutôt que de l'optimisme. La crédibilité internationale est en jeu si elle continue à ne pas satisfaire les droits nationaux et inaliénables des Palestiniens", a-t-il affirmé.

Pour M. Lamamra, le médiateur américain "n'a pas la tâche facile", et c'est pour cela que l'unité des rangs palestiniens et des Arabes autour de la cause palestinienne constitue "la condition sine qua non" pour qu'ils recouvrent leurs droits, à savoir, un Etat palestinien qui a pour capitale El Qods.

"La Palestine reste au coeur de l'avenir de la nation arabe et de la région. Au niveau de l'opinion publique et même individuelle, tant que cette négation continuera, elle limitera les perspectives de l'épanouissement de la démocratie dans le monde", a estimé le chef de la diplomatie algérienne.