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M. MEDELCI : l'entretien avec M. Juppé a porté essentiellement sur les relations bilatérales 24/04/2011

M. MEDELCI : l'entretien avec M. Juppé a porté essentiellement sur les relations bilatérales

Le Ministre des Affaires Etrangères, M. Mourad MEDELCI, a affirmé vendredi que l'entretien téléphonique qu'il a eu lundi dernier avec son homologue français, M. Alain Juppé, a porté essentiellement sur les relations bilatérales entre les deux pays.

"En réalité, la discussion avec M. Juppé a porté essentiellement sur les relations bilatérales et nous avons observé qu'il y avait des avancées, en particulier sur le plan de la mise en place d'un partenariat industriel, à la fois ambitieux et équilibré", a indiqué M. MEDELCI à la chaîne III de la Radio nationale.

Il a relevé que cet entretien téléphonique avait coïncidé avec la visite à Paris de M. Mohamed Benmerradi, Ministre de l'Industrie, de la PME et de la promotion des investissements, qui a rencontré M. Jean Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre français, vice-président du Sénat.

Qualifiant de "très cordial" son premier contact avec M. Juppé, le chef de la diplomatie algérienne a également noté avoir évoqué avec lui la situation en Libye et les accusations portées par le conseil national de transition (CNT) libyen à l'encontre de l'Algérie.

"La discussion que nous avons eue n'a pas porté seulement sur cela. Ce point a été évoqué de manière incidente", a-t-il cependant précisé.

"C'est d'abord sur les relations bilatérales que l'entretien a porté et, d'ailleurs, nous avons échangé à cette occasion des invitations réciproques pour que M. Juppé visite l'Algérie le plus rapidement possible et le Ministre algérien des Affaires Etrangères se rende dès que possible en France", a-t-il ajouté.

A une question sur éventuelle tension qui existerait entre l'Algérie et la France, M. MEDELCI a affirmé que les relations entre les deux pays "ne sont pas tendues".

"Nous avons beaucoup d'intérêts communs. Nous avons sur certaines situations internationales ou régionales des approches qui sont différentes, mais je considère que l'Algérie et la France n'ont pas aujourd'hui de relations tendues", a-t-il soutenu.

"(Les) quelques problèmes que nous avons vécus au cours de ces dernières années (...), sont aujourd'hui réglés", a-t-il poursuivi.

Il a souligné que les deux pays "sont en train d'aller de l'avant" et examinent les moyens de "travailler mieux ensemble", faisant remarquer que le niveau des relations bilatérales est déjà "très important".

"Ce que nous souhaitons simplement, c'est qu'à la faveur de la conjoncture très favorable que traverse le pays, nous puissions donner un plus à la relation algéro-française, particulièrement dans le domaine de l'industrie", a-t-il plaidé.

Interrogé sur l'entretien qu'il a eu lundi à Alger avec une délégation parlementaire du groupe d'amitié algéro-français, M. MEDELCI a affirmé que l'amitié pour l'Algérie est quelque chose de "sacré", "mais, a-t-il dit, il n'y pas d'amitié sans franchise".

Le Ministre des Affaires Etrangères a exprimé, dans ce cadre, son souhait que les médias audiovisuels français permettent à leurs téléspectateurs, qui sont en partie des Algériens, de connaître "un peu mieux" l'Algérie et "pas de la connaître uniquement à travers les événements douloureux qu'elle peut connaître, à l'instar des autres pays au monde".

M. MEDELCI a indiqué avoir abordé aussi avec M. Juppé la situation dans la sous-région, "en particulier la question qui se pose aujourd'hui avec beaucoup plus d'acuité, à savoir la situation en Libye".

Sur les accusations du conseil national de transition (CNT) libyen, "M. Juppé a lui-même considéré comme peu crédibles ce qu'il a qualifié de rumeurs lorsqu'il a désigné ces informations complètement farfelues et qui donnent l'Algérie comme une partie à ce conflit entre Libyens, alors que nous n'avons jamais eu à choisir une partie contre l'autre" dans cette crise, a-t-il souligné.

"Il (M. Juppé) a saisi cette occasion pour demander mon avis sur ces rumeurs", a expliqué M. MEDELCI, ajoutant que son homologue français "n'a pas beaucoup insisté" sur cette question, "même si probablement pour répondre à la question d'un journaliste le lendemain, il a dû faire état seulement de cela".

Car, pour le chef de la diplomatie algérienne, "il n'est pas de tradition que deux Ministres des Affaires Etrangères se parlent et qu'ils disent tout le lendemain, sauf lorsqu'ils organisent une conférence de presse, et nous n'étions pas dans cette hypothèse", a-t-il observé.

A propos de la sortie de crise en Libye, M. MEDELCI a précisé qu'il a convenu avec M. Juppé "qu'il n'y a pas de solution autre que la solution politique, laquelle ne peut être portée que par les Libyens eux-mêmes". "Cette conviction, je crois l'avoir partagée avec M. Juppé", a-t-il dit.

"Dans les autres pays qui ont connu des mutations, ce sont les peuples qui se sont exprimés et c'est donc ces peuples qu'il nous faut respecter", a-t-il enchaîné.

"C'est la raison pour laquelle nous respectons aujourd'hui comme hier le peuple tunisien qui a voulu se donner un nouveau système de gestion tout comme le peuple égyptien. Et c'est exactement la même attitude que nous aurons vis à vis des autres peuples qu'ils soient de la région où en dehors", a encore affirmé M. MEDELCI.