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conférence de haut niveau Sur le partenariat dans les domaines de la sécurité Et du développement entre les pays du champ et les partenaires extra-regionaux 07/09/2011

Allocution de son excellence Monsieur Abdelkader MESSAHEL, Ministre Délégué Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines à la conférence de haut niveau Sur le partenariat dans les domaines de la sécurité Et du développement entre les pays du champ et les partenaires extra-regionaux

Alger, 07 - 08 Septembre 2011



Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Chefs des délégations invitées,
Honorables délégués,


Je voudrais tout d’abord vous réitérer à tous la bienvenue, tout en remerciant les Gouvernements du Mali, de la Mauritanie et du Niger, qui ont confié à l’Algérie la responsabilité de l’organisation de cette Conférence.

Votre présence atteste de l’importance que vous accordez au partenariat pour la sécurité et le développement dans notre région. Elle augure également de la qualité des discussions que nous aurons sur la lutte contre le terrorisme et le crime transnational organisé ainsi que sur le développement et l’amélioration des conditions de vie dans la région. Cela témoigne enfin de notre adhésion collective à la mobilisation impulsée par les Nations Unies contre le terrorisme en tant que menace globale nécessitant une réponse globale grâce à une coopération internationale renforcée.

Je veux relever avec vous que notre conférence d’aujourd’hui est la première du genre dans son format, parce qu’elle s’ouvre aujourd’hui aux différents partenaires, bilatéraux, organisations régionales, système des Nations Unies et bailleurs de fonds qui sont pleinement associés à l’examen sous toutes leurs facettes, et d’une manière orientée vers l’action, des problématiques indissociables de la sécurité et du développement. Cette ouverture fait suite à la décision prise par les pays de la région, qui ont en outre retenu un niveau de participation élevé à même de lui conférer l’autorité requise pour la définition des orientations nécessaires.


Mesdames, Messieurs

Permettez-moi tout d’abord de présenter un rappel succinct de la démarche engagée par les pays du champ pour unifier leur vision et conjuguer leurs efforts face aux défis objet de notre Conférence.

Les pays du champ, sur la base d’échanges permanents de leurs évaluations respectives, sont parvenus à une perception commune de la menace que fait peser sur notre région le terrorisme et ses interconnexions avec le crime transnational organisé. Ils ont aussi convenu d’intégrer de manière opérationnelle la dimension développement et lutte contre la pauvreté en tant que paramètre fondamental pour assurer des conditions de sécurité et de paix durables dans la région.

Ces échanges intensifs ont débouché sur l’articulation d’une stratégie régionale, intégrée et cohérente, pour relever collectivement ces défis.

Les conférences ministérielles d’Alger de mars 2010 et de Bamako de mai 2011, ont constitué des jalons importants dans ce processus en définissant des principes et objectifs partagés et un mode opératoire fondé sur la mise en commun de nos capacités en matière de renseignement et de capital expérience et l’intensification de la coopération opérationnelle dans la région.

Une présentation détaillée de cette stratégie régionale sera faite au cours de nos travaux, mais je veux souligner la détermination qui anime nos Etats dans le combat contre le terrorisme et ses connexions et pour faire face au défi du développement.

Nos pays continueront aussi à apporter leur plein soutien et contribution à la mise en œuvre des instruments juridiques des Nations Unies et des organisations régionales auxquelles nous appartenons, dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et le crime transnational organisé.

Nos pays ont en outre développé un cadre juridique de coopération à travers des conventions bilatérales, judiciaires et autres, qui se voit conforté et renforcé par les mécanismes mis en place dans le cadre de notre stratégie régionale, et qui englobe les quatre dimensions suivantes :

- Une dimension politique, grâce à des consultations régulières ;
- Une dimension militaire, avec un état-major opérationnel conjoint ;
- Une dimension sécuritaire, à travers, une unité fusion et liaison ;
- Enfin, une dimension développement, qui comprend des micro-projets au bénéfice direct des populations les plus démunies et de grands projets structurants, à l’image de la route transsaharienne.

Cette stratégie a permis aux pays du champ d’engager le partenariat et la coopération régionale sur des bases organisées et dans un esprit solidaire.

Mesdames, Messieurs,

Partant de notre responsabilité première pour assurer la sécurité, la stabilité et le développement de notre région et de l’appropriation par nos pays individuellement et collectivement de la stratégie y relative, nous considérons le moment venu de donner une forte impulsion à la coopération avec nos partenaires. Nous sommes pleinement conscients en effet que la lutte contre ces menaces d’envergure appelle nécessairement la conjugaison des efforts et la convergence de toutes les bonnes volontés.

Le partenariat actif et efficient que nous souhaitons peut apporter des réponses appropriées à nos besoins en matière de formation et de renforcement des capacités, d’échange d’évaluations et de renseignements, de fourniture d’équipements spécifiques parallèlement à la mise en œuvre de projets de développement bénéficiant aux populations les plus vulnérables.

Ce partenariat devrait également couvrir le volet normatif et l’impératif de tarir toutes les sources de financement du terrorisme, y compris en prohibant le paiement de rançons. Ces revenus permettent en effet aux groupes terroristes d’acquérir des armes, d’attirer de nouvelles recrues, de se procurer des moyens logistiques et d’intendance. Le paiement de rançons s’ajoutant à la charge émotive suscitée par le caractère abject des prises d’otages est de nature à encourager les groupes terroristes à recourir toujours davantage à ce procédé barbare qui assure une large médiatisation à leurs activités. Au demeurant, le versement des rançons contrevient aux dispositions de la résolution 1904 adoptée par le Conseil de sécurité en décembre 2009.

Il est important que tous les Etats et particulièrement nos partenaires, nous appuient dans notre effort visant à enrichir l’arsenal juridique international d’un texte criminalisant le versement des rançons, qui constitue la source principale de financement des groupes terroristes au Sahel.

Mesdames, Messieurs

En prenant l’initiative d’organiser cette rencontre, les pays du champ ont été animés par une volonté de dialogue approfondi avec nos partenaires pour dégager ensemble la vision d’un partenariat, conçu de manière à appuyer leur propre stratégie régionale et optimiser les synergies avec les politiques et programmes de nos partenaires en direction du Sahel.

Notre conférence prend une dimension particulière eu égard aux risques liés aux répercussions de la situation en Libye, notamment celui de nouveaux flux incontrôlés d’armes de tous calibres vers le Sahel. Nous ne pouvons ignorer aussi les charges supplémentaires que font peser sur les ressources limitées du Mali et du Niger l’afflux des travailleurs migrants qui ont dû quitter la Libye.

Il est dès lors important d’intégrer ces éléments dans l’approche de la sécurité et du développement de la région.

Nous avons l’espoir que nos discussions au cours de cette Conférence aboutiront à des décisions qui marqueront un jalon important dans la lutte contre le terrorisme, le crime transnational organisé et le sous-développement.

Les pays du champ sont déterminés à assumer leurs responsabilités nationales, régionales et internationales face à ces défis et accordent le plus grand prix à la conjugaison de leurs efforts avec leurs partenaires.

Je vous remercie.